Huntingdon a décidé de tourner en ridicule la loi 101 après avoir été l'objet d'une enquête sur l'utilisation de l'anglais. Pour s'y conformer, la municipalité a décidé de contourner la loi en ayant désormais recours à un journal indépendant nouvellement créé pour continuer à communiquer avec ses citoyens dans les deux langues.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

«Si on ne peut pas utiliser les deux langues, on va pousser le ridicule de l'Office de la langue française à l'extrême. On a envoyé notre réponse à l'agente d'épuration linguistique et il n'y aura plus de communication écrite», a indiqué ce matin le maire Stéphane Gendron.

Dans sa missive à l'OQLF, l'élu affirme que «la Ville va cesser - à partir du 1er mai 2012 - la publication de son bulletin municipal intitulé Huntingdon Gazette. Dorénavant, il n'existera plus aucune communication écrite entre la Ville et ses citoyens, que ce soit en français ou en anglais.»

Stéphane Gendron conclut sa lettre en affirmant que «l'Office se réjouira de cette épuration linguistique basée sur la langue. Ainsi, le français et l'anglais sont complètement éliminés de nos communications avec le monde extérieur. La Ville de Huntingdon pratiquera dorénavant la politique du mutisme total.»

En réalité, les citoyens continueront à recevoir de l'information de leur municipalité, Huntingdon pensant avoir trouvé une façon de contourner la loi. Un journal indépendant a été mis sur pied et servira désormais d'intermédiaire pour transmettre l'information municipale aux citoyens. Dans les deux langues, évidemment.

La Ville ne financera pas directement le journal, mais lui achètera de la publicité. «Ce sera une relation d'affaires», dit M. Gendron. «On ne se conforme pas, on rit de l'OQLF.»

L'Office a préféré ne pas commenter, disant que l'enquête sur l'utilisation de l'anglais par Huntingdon était toujours en cours.