Un grand serviteur de l'État québécois s'est éteint. Guy Coulombe, ancien secrétaire du Conseil du Trésor et auteur du rapport Coulombe sur la gestion de la forêt, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi. Il était atteint d'un cancer du poumon.

Valérie Simard LA PRESSE

Né à Sainte-Foy en 1936, sociologue de formation, Guy Coulombe a occupé plusieurs hautes fonctions au gouvernement québécois outre celle de secrétaire du Conseil du Trésor. Il a été secrétaire général du ministère du Conseil exécutif, directeur général de la Sûreté du Québec et directeur général d'Hydro-Québec.

M. Coulombe a également été directeur général de la Ville de Montréal de 2001 à 2003. Il s'est aussi vu confier plusieurs mandats sous différents gouvernements, dont la présidence de la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise, mise sur pied à la suite de la sortie du film coup-de-poing de Richard Desjardins et Robert Monderie, L'Erreur boréale.

«Il était le modèle même du grand serviteur de l'État, a déclaré le premier ministre du Québec, Jean Charest, par voie de communiqué. Il a contribué de façon exceptionnelle à l'essor de la société québécoise et de ses institutions publiques.»

Laurent Lapierre, titulaire de la chaire de leadership Pierre-Péladeau à HEC Montréal et coauteur du livre Guy Coulombe: le goût du pouvoir public, parle d'un homme timide qui a su établir sa crédibilité. «C'était un homme de service, d'opération et de convictions», a-t-il résumé.

Louis Bernard, qui a également été haut fonctionnaire dans le gouvernement québécois, a bien connu Guy Coulombe. Joint vendredi matin, M. Bernard a dit qu'il avait été surpris par la mort de son ami. Les deux hommes s'étaient vus il y a deux mois lors du lancement du livre de Laurent Lapierre et Jacqueline Cardinal. M. Coulombe venait d'être opéré pour un cancer, mais il semblait en forme. «Il semble que la maladie avait repris», a souligné M. Bernard.

N'hésitant pas à qualifier l'homme de «plus grand fonctionnaire du Québec depuis la Révolution tranquille», Louis Bernard a rappelé que Guy Coulombe ne craignait pas d'intervenir lorsque nécessaire. «Il a sauvé les Jeux olympiques, a fait valoir M. Bernard. S'il n'avait pas convaincu Robert Bourassa de prendre en main la construction des installations olympiques, il n'y aurait pas eu de Jeux à Montréal.»

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a lui aussi rendu hommage à M. Coulombe. «Comme directeur général de la Ville, M. Coulombe a contribué à jeter les assises de la nouvelle Ville de Montréal», a-t-il déclaré.