Le Québec devrait abandonner l'énergie nucléaire, trop chère, trop polluante et trop risquée, affirme une vaste coalition, alors que débute l'examen du projet de réfection de la centrale Gentilly-2 devant la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).

Mis à jour le 21 mars 2011
Charles Côté LA PRESSE



En conférence de presse ce matin, la coalition composée de groupes écologistes et pacifistes accueillait une recrue de taille: le Parti québécois, dont la chef Pauline Marois doit confirmer cet après-midi qu'elle fermera Gentilly 2 si le PQ est élu.

«Le Parti québécois va fermer Gentilly-2, a affirmé ce matin le député de Drummond, Yves-François Blanchet. Il n'y aura pas d'exploitation d'énergie nucléaire sur le sol québécois et il n'y aura pas d'entreposage de déchets radioactifs non plus.»

«Si les travaux de réfection sont commencés, ils seront interrompus», a-t-il précisé.

Le spectre de la crise nucléaire au Japon plane sur toute l'industrie, qui est à un point tournant au Canada, alors qu'un projet d'expansion était également présenté aujourd'hui pour la centrale de Pickering en Ontario.

D'entrée de jeu, la coalition québécoise a nié faire preuve de sensationnalisme. Elle a déposé un mémoire il y a une semaine à la CCSN en prévision de l'examen du projet d'Hydro-Québec, qui veut investir 2 milliards pour prolonger de 25 ans la vie de Gentilly-2.

Pour Christian Simard, de Nature Québec, l'industrie nucléaire est « une aberration économique, écologique et éthique ».

Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, l'industrie nucléaire «n'a pas les moyens de dire la vérité» au sujet des risques qu'elle fait courir. «À Fukushima, l'accident a été causé par la panne électrique, qui peut-elle-même être causée par d'autre chose qu'un tsunami», dit-il.

Pour Pierre Jasmin, des Artistes pour la Paix, « les déchets nucléaires demeurent un problème insoluble ».

Éric Darier, de Greenpeace, a souligné que la réfection de la centrale soeur de Gentilly-2, celle de Point Lepreau an Nouveau-Brunswick, a déjà coûté 1 milliard de plus que prévu et qu'aucune date de remise en service n'a encore été avancée.

Le Dr Michael Dworkin, des Professionnels de la santé pour la survie mondiale, a souligné que les centrales de type CANDU, comme celle de Gentilly-2, émettent continuellement du tritium radioactif dans l'air et dans l'eau. « Le tritium est produit en très grande quantité au Canada et il est toléré à trop forte dose dans l'eau », dit-il, ajoutant qu'il y a un lien entre le fait de vivre à proximité d'une centrale et une incidence accrue de la leucémie chez les enfants, selon les recherches les plus récentes.