La droite au Québec est «de plus en plus provocante» et la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a bien l'intention de confronter son discours en 2011.

Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

À l'occasion de sa rencontre de fin d'année avec la presse, mercredi à Montréal, pour faire le bilan de l'année 2010 et faire état de ses attentes pour 2011, la dirigeante syndicale a souligné cette montée de la droite.

Elle dit avoir fait «le constat de voir monter une droite de plus en plus provocante au Québec», citant comme exemple «des organismes comme le Réseau liberté Québec, continuellement à l'assaut de la place publique, à grands renforts de marketing politique, alors que malgré le camouflage de nouveauté, au fond c'est une organisation qui répète éternellement les mêmes vieux mantras».

Mme Carbonneau croit d'ailleurs que la crise de confiance et le cynisme face à la politique constituent un terreau fertile pour les solutions préconisées par cette droite.

Parmi ces solutions de droite qu'elle dénonce, elle cite le désengagement de l'État et la privatisation dans le domaine de la santé.

Elle rappelle que de nombreux scandales qui ont éclaté tout au long de l'année, au Québec, impliquaient justement des entreprises privées, notamment dans la construction.

Elle ne croit pas toutefois pas qu'une majorité de Québécois se laissera séduire par ces idées de droite. Elle rappelle que de précédents sondages ont déjà démontré que lorsqu'ils sont confrontés à un choix entre des baisses d'impôt et un désengagement de l'État, les Québécois préfèrent encore que l'État demeure présent et joue un rôle social certain.

Anti-scabs et mandat

En 2011, la centrale syndicale compte également accentuer la pression sur le gouvernement Charest afin de faire modifier les dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail. Une commission parlementaire à ce sujet doit d'ailleurs être tenue en février.

La CSN est la centrale syndicale à laquelle est affilié le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal. Il y aura bientôt deux ans, le 24 janvier, les 253 syndiqués du quotidien étaient mis en lock-out par la direction du journal, propriété de Quebecor Media. Le journal est toujours publié, étant alimenté par le travail des cadres et d'employés oeuvrant pour d'autres médias appartenant au conglomérat.

Mme Carbonneau a rappelé que les parties étaient toujours en médiation officiellement. Elle a rapporté sentir «un appui public grandissant» à la cause, puisqu» «un peu plus de 30 000 personnes ont adhéré à la campagne de boycottage mise de l'avant par la CSN».

Sur un autre plan, la Confédération des syndicats nationaux tiendra en mai prochain son 63e congrès. Mme Carbonneau n'a pas voulu dire dès maintenant si elle solliciterait un renouvellement de mandat, elle qui achève présentement son troisième mandat. Elle fera part de ses intentions en mars prochain.