Des groupes militants souverainistes demandent d'une seule voix que la répression policière au sommet du G20 à Toronto en juin - qui visait particulièrement des Québécois, à leur avis - soit l'objet d'une enquête publique indépendante.

Louise Leduc LA PRESSE

En conférence de presse hier, les leaders de la Société Saint-Jean-Baptiste, du Forum jeunesse du Bloc québécois, de Québec solidaire et des Jeunes Patriotes du Québec, pour n'en nommer que quelques-uns, ont fait front commun pour dénoncer la violation des droits fondamentaux lors de ce sommet.

«C'est la plus importante arrestation massive au Canada, a dit Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste. Il y a eu là deux fois plus d'arrestations que lors de la Crise d'octobre. C'est une violation claire des libertés d'expression, d'association et de réunion. Le droit à la sécurité des personnes a aussi été violé.»

Thomas Deshaies, jeune qui a été détenu pendant trois jours, a avancé que les Québécois étaient particulièrement visés par la rafle policière. «Dans le gymnase où j'étais à Toronto, nous étions 100 Québécois. Et dans mon groupe, nous sommes 17 sur 25 à être sous le coup d'accusations.»

«Nous avons aussi au moins un témoignage d'un anglophone qui conduisait un véhicule immatriculé au Québec qui s'est fait confirmer par un policier que les gens du Québec étaient visés, a dit Mario Beaulieu. Je trouve inquiétant que Jean Charest ne réagisse pas. Se fait-il complice de ce genre de tactique?»

France Kirouette, qui a été détenue 60 heures à Toronto, a raconté qu'on l'avait empêchée de porter ses lunettes, ce qui lui a valu des maux de tête. On lui a refusé l'accès à un médecin, on ne lui répondait qu'en anglais, l'eau était rationnée et de plus, a-t-elle dit, on lui a servi des sandwichs au fromage pas ragoûtants du tout pendant trois jours.

«Lors du prochain événement, jusqu'où iront les policiers? Pour nous tous qui avons été arrêtés au G20, c'est loin d'être terminé. On ne sait pas ce qui se passe avec la cour.»

«On s'étonnait de ce que l'on puisse dépenser 1,1 milliard pour la sécurité au G20. Il semble que ça ait servi à une opération de répression violente», a dit Maxime Laporte, membre du comité exécutif du Forum jeunesse du Bloc québécois.

La coalition indépendantiste organise un spectacle d'humour qui se tiendra demain au Petit Campus, rue Prince-Arthur. Tous les fonds serviront à aider les manifestants à payer leurs frais d'avocat.