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Au tour des avocats de Mulroney d'interroger Schreiber

L'avocat principal de la commission, Richard Wolson, indique... (Photo Reuters)

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L'avocat principal de la commission, Richard Wolson, indique un passage dans des documents à Karlheinz Schreiber.

Photo Reuters

(Ottawa) L'avocat de la commission Oliphant a terminé son interrogatoire de Karlheinz Schreiber comme il l'avait commencé trois jours plus tôt : en mettant en question les motifs réels des accusations de Schreiber envers l'ancien premier ministre Brian Mulroney.

L'avocat de Brian Mulroney, Guy Pratte, prendra le relais de Richard Wolson jeudi après-midi. Il a indiqué au commissaire Goeffrey Oliphant qu'il espérait terminer son interrogatoire fort attendu avant la fin de la journée. 

Me Wolson a passé la majorité du dernier segment de son interrogatoire, jeudi avant-midi, à passer en revue des lettres écrites par Karlheinz Schreiber à Brian Mulroney entre 2004 et 2007.

Dans la plupart des quelque 25 lettres écrites durant cette période, l'homme d'affaires germano-canadien implore l'ancien premier ministre de l'aider à faire la lumière dans ce qu'il décrit comme l'un des plus grands scandales politico-juridiques de l'histoire canadienne.

Dans ces lettres, M. Schreiber décrit Brian Mulroney et lui comme les victimes d'une vendetta qui dure depuis des années. Parallèlement, la preuve soumise à la commission démontre qu'il multiplie les lettres aux ministres fédéraux et au premier ministre Stephen Harper pour les mettre aux parfums de ce « scandale ».

À noter que Karlheinz Schreiber multiplie les recours judiciaires depuis 1999 pour lutter contre son extradition vers l'Allemagne, où on souhaite l'arrêter pour des chefs d'accusation de fraude et d'évasion fiscale, entre autres.

Après de longues minutes à questionner le témoin sur ses lettres, l'avocat lui a demandé la raison pour laquelle, le 20 février 2007, il a semblé changer son fusil d'épaule, en envoyant une lettre de mise en demeure à M. Mulroney, pour cette fois lui réclamer 300 000 dollars payés comptant dans des chambres d'hôtels entre 1993 et 1994.

«Vous lui avez envoyé plusieurs lettres. Vous voulez qu'il vous joigne dans votre lutte. Il ne vous répond pas. Vous ne lui demandez jamais de vous retourner l'argent. Vous ne lui avez jamais demandé de vous fournir une facture pour les services rendus. Vous ne lui avez jamais demandé de vous rendre des comptes», a souligné Richard Wolson.

Il a conclu son interrogatoire d'une dizaine d'heures sur une autre lettre, celle-là écrite en mai 2007 et dans laquelle, pour la première fois, Karlheinz Schreiber indique que Brian Mulroney participe à la vendetta contre lui, plutôt qu'en être lui aussi une victime.

«Donc, on part de vous et lui comme faisant l'objet d'une vendetta, à lui qui en fait partie?»

- Oui, a répondu M. Schreiber.

- C'étaient mes questions, merci, a conclu l'avocat de Winnipeg.

«Miracle»

Karlheinz Schreiber n'a pas été en mesure de dire jeudi matin la raison pour laquelle son écriture s'est retrouvée sur un mandat de représentation internationale que lui a présenté un proche conseiller de l'ancien premier ministre Mulroney en février 2000.

Ce mandat appuie en apparence la thèse de Brian Mulroney, selon laquelle il a reçu 275 000 dollars de l'homme d'affaires germano-canadien peu après son départ du gouvernement pour promouvoir les véhicules blindés de la compagnie Thyssen à travers le monde.

M. Schreiber affirme de son côté qu'il a remis à l'ancien premier ministre 300 000 dollars en argent comptant dans des chambres d'hôtels de Montréal et de New York entre 1993 et 1994 pour qu'il fasse avancer son projet d'usine de blindés auprès des politiciens canadiens.

L'avocat principal, Richard Wolson, a passé une partie de son interrogatoire à questionner M. Schreiber sur des notes fournies par l'ancien chef de cabinet de M. Mulroney, Fred Doucet, dans lesquelles ce dernier parle d'un mandat international.

Mais pour ces notes comme pour le mandat de février 2000, M. Schreiber a nié avoir même négocié avec M. Doucet quelque mandat que ce soit. «Pourquoi négocier avec le portier quand on peut négocier avec le patron?», a-t-il lancé.

Me Wolson lui a demandé comment alors son écriture avait pu se retrouver sur le document en question.

« C'est un miracle! » a simplement répondu le témoin. Les notes en question font allusion à certaines de ses compagnies.

«Activer» Mulroney

Me Wolson a aussi interrogé Karlheinz Schreiber sur une série de lettres qu'il a envoyées à Brian Mulroney et au premier ministre actuel, Stephen Harper. Dans l'une d'elles, en juillet 2004, l'homme d'affaires vante les mérites de sa compagnie de pâtes, Reto, pour combattre ce qu'il décrit comme une épidémie mondiale d'obésité.

L'avocat a cherché à clarifier ce qu'il tentait d'accomplir avec cette lettre. «Ce que vous vouliez faire, c'était de...»

- L'activer maintenant, a répondu M. Schreiber.

- Vous voulez retourner en affaires avec lui?

- Oui.

Lors de son témoignage de mercredi, M. Schreiber a répété à maintes reprises que M. Mulroney ne pouvait rien faire en contrepartie des paiements de 300 000 dollars à l'époque où il les a reçus; qu'il le savait, et qu'il le payait au cas où il aurait un jour besoin de lui.




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