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Il y a 40 ans, le N.-B. est devenu la seule province bilingue au Canada

La Presse Canadienne
Fredericton

Il y a quarante ans, le Nouveau-Brunswick a adopté sa Loi sur les langues officielles, qui a changé le cours de l'histoire de la province et qui a déclenché un débat culturel et social encore d'actualité aujourd'hui. 

Le français et l'anglais sont devenues les deux langues officielles du Nouveau-Brunswick le 11 avril 1969. Le projet de loi 73 sur le bilinguisme a alors été adopté à l'unanimité. Mais cette loi n'a pas été introduite sans provoquer de controverse.

Pour certains, la loi est une source de fierté et un signe de tolérance, mais des questions demeurent sur son efficacité et son rendement.

Plusieurs déplorent qu'elle soit trop coûteuse, qu'elle force la duplication des services et qu'elle engorge le système bureaucratique, tout en accentuant les divisions entre les francophones et les anglophones.

Un fonctionnaire du gouvernement estime même que la province pourrait, à l'avenir, ne plus avoir les moyens de soutenir le bilinguisme. «Personne ne vous l'admettra jamais en entrevue, de crainte de paraître intolérant», a-t-il dit.

Donald Savoie, chercheur à l'Université de Moncton, croit que la loi linguistique a joué un rôle important dans le développement social, culturel et économique de la province.

«Si vous comparez le Nouveau-Brunswick d'aujourd'hui à celui d'il y a 40 ans, ce n'est pas seulement une tout autre province, c'est un tout autre monde, a-t-il affirmé. Une grande partie du Nouveau-Brunswick ne faisait alors pas partie de l'économie moderne.»

«Nous étions un peuple dominé par l'Eglise et frappé par la pauvreté. je crois que les réformes des années 1960 nous ont donné de l'énergie (...)», a-t-il ajouté.

L'opposition au bilinguisme officiel a pris une forme concrète avec le parti Confederation of Regions, qui a brièvement formé l'opposition officielle au Nouveau-Brunswick. Le parti, qui a bénéficié d'un statut officiel de 1991 à 1995, est né de l'insatisfaction, dans certaines régions anglophones de la province, face à la promotion de la loi linguistique par le gouvernement.

Le parti avait promis de révoquer la loi et de ne fournir des services en français que dans les régions comptant une forte population francophone. Accusé de racisme par ses détracteurs politiques, le parti a rapidement disparu.

Même si le parti et son programme n'existent plus, la loi sur les langues et les amendements qui l'ont renforcée ont continué à semer la controverse.

Actuellement, un groupe francophone, le comité Egalité santé en français, dispute la constitutionnalité de la fusion des régies régionales de la santé, qui sont passées de huit à deux.

Le comité allègue que les réformes ont aboli la seule autorité francophone en matière de santé. Ils affirment que les changements apportés écartent les francophones de la gestion du système de santé et entravent les exigences de la Loi sur les langues officielles.

Malgré ces enjeux, Donald Savoie est optimiste quant à l'avenir de la loi. «Je crois qu'il y beaucoup plus de personnes au Nouveau-Brunswick qui veulent qu'elle fonctionne et qui croient qu'elle amène une contribution positive que de personnes qui souhaitent qu'elle soit abolie», a-t-il ajouté.




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