Les problèmes d'embauche à la direction du Service incendie de Montréal (SIM) provoqués par le conflit sur les régimes de retraite coûteront cher à la Ville. Pour pallier le manque d'effectifs, la métropole a accepté de verser aux cadres toujours en poste une surprime de 50% de leur salaire en raison des nombreuses heures supplémentaires qu'ils doivent effectuer.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

De nombreux pompiers syndiqués ont refusé ces derniers mois une promotion. Du coup, plus du quart des postes au sein de l'état-major du SIM se trouvent présentement vacants, soit 22 sur 82.

Pour expliquer ces refus, la Ville montre du doigt le «climat d'incertitude qui règne suite à l'adoption du projet de loi 3». Cette situation rend la tâche difficile pour «recruter les pompiers pour combler les nombreux postes vacants de l'état-major pompier», déplore le SIM.

L'automne dernier, Montréal a entrepris des discussions avec l'Association des chefs pompiers de Montréal pour répondre à certaines des demandes de ceux appelés à mettre les bouchées doubles pour assurer le service. La Ville a ainsi accepté plusieurs modifications à leurs conditions de travail, qui coûteront un peu plus de 310 000$ en 2015.

Le principal changement touche l'introduction d'une surprime pour les cadres affectés à la lutte contre les sinistres. «En raison des circonstances exceptionnelles au niveau de l'effectif restreint chez l'état-major pompier, une surprime temporaire équivalant à 50% du salaire de base est mise en place afin de reconnaître les heures effectuées en temps supplémentaire», peut-on lire dans un document entériné par l'administration Coderre ce mercredi, lors d'une réunion à huis clos et dont les détails ont été rendus publics hier après-midi. Les membres de l'état-major touchent un salaire de base de 105 000 à 117 000$ par an, selon leurs conditions de travail.

Cette mesure d'exception sera en vigueur pour un maximum d'un an et devrait ainsi coûter 282 000$. Cette surprime pourrait toutefois être abolie si plusieurs postes au sein de l'état-major sont pourvus d'ici là. La Ville a établi que la prime disparaîtrait si plus de 80% des postes venaient à être attribués. Présentement, 73% des postes ont un titulaire.

Parmi les autres mesures acceptées par la Ville, les cadres auront eux aussi droit à une prime de premiers répondants de 1900$ par an. Montréal accepte aussi que certaines primes soient désormais indexées chaque année. Ces changements feront grimper la note pour l'état-major de 29 000$ par an.

Déjà, certaines mesures avaient été prises pour tenter de renforcer les effectifs de l'état-major des pompiers. En novembre, le SIM avait notamment reconnu avoir réembauché deux cadres partis à la retraite pour faire face au manque d'effectifs.