L'arrondissement Le-Plateau-Mont-Royal modifiera d'ici l'automne son - désormais controversé - règlement sur la propreté et le civisme afin que soient avertis les cyclistes dont les vélos cadenassés à du mobilier urbain ont été transportés à la fourrière.

Marie-Michèle Sioui LA PRESSE

Mais que les cyclistes qui accrochent leurs vélos aux arbres ou dans les carrés de fleurs se le tiennent pour dit: leurs bicyclettes seront retirées «systématiquement», et les propriétaires fautifs ne recevront aucun avertissement.

Les décisions, présentées lundi lors du conseil d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, font suite au débat lancé par la publication de lettres d'opinion dans le quotidien Le Devoir. Des lecteurs y ont rapporté que des employés de l'arrondissement avaient sectionné leur cadenas pour apporter leurs vélos à la fourrière. Or leurs bicyclettes étaient attachées à des poteaux - du mobilier urbain auquel il est interdit de cadenasser une bicyclette, en vertu d'un règlement de l'arrondissement dont ils ont appris l'existence à leurs dépens.

Ainsi, le Règlement sur la propreté et le civisme à l'égard du territoire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal stipule qu'il est «interdit d'attacher une bicyclette ou un animal à un arbre ou à du mobilier urbain autre que celui destiné spécifiquement à cette fin».

Une réglementation qui n'est ni hors du commun ni... commune à tous les secteurs de Montréal. À titre d'exemple, l'arrondissement Ville-Marie interdit d'attacher une bicyclette ou un animal à un arbre, un banc, un escalier ou une clôture, tandis que Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension sévit seulement lorsque les vélos sont attachés à un arbre.

Opération retrait de vélos

Le Plateau-Mont-Royal tolère généralement les bicyclettes accrochées au mobilier urbain. En mai, il a cependant choisi de mener une opération de retrait de vélos d'une journée, a admis le maire de l'arrondissement, Luc Ferrandez. Maintenant aux prises avec plusieurs lettres de citoyens consternés par l'opération, Le Plateau-Mont-Royal a décidé de «raffiner» sa pratique.

Les vélos accrochés au mobilier urbain qui gêneront la circulation des piétons seront donc retirés, et leurs propriétaires en seront avisés. «On va peut-être mettre un collant ou une affiche accrochée avec un "tie-wrap", a déclaré le maire Luc Ferrandez. De son côté, Le Plateau-Mont-Royal prévoit installer 175 supports à vélo, de quoi faire passer le nombre de places de stationnement de bicyclettes à 5200 sur son territoire.

Quant aux vélos accrochés aux arbres, ils seront emportés directement à la fourrière, moyennant des coûts administratifs de 42$, en plus des 3$ exigés par journée d'entreposage. Le but: cesser d'abattre des petits arbres, comme le fait «constamment» l'arrondissement, selon son maire.