En voulant garder son épouse à la maison le plus longtemps possible, pour respecter la promesse qu'il lui avait faite, Michel Cadotte s'est retrouvé épuisé, dépressif, isolé, aux prises avec des problèmes de santé et d'argent, et des ennuis au travail.

ISABELLE DUCAS LA PRESSE

Accusé du meurtre de sa femme, Jocelyne Lizotte, atteinte d'Alzheimer, l'homme de 57 ans a fait le récit de sa propre descente aux enfers, alors qu'il commençait son témoignage ce matin, à son procès devant jury au Palais de justice de Montréal.

« J'étais épuisé, je ne dormais plus, parce que ma femme avait besoin de plus en plus d'attention », a raconté M. Cadotte, après avoir expliqué à quel point Mme Lizotte et lui formaient un couple amoureux depuis leur rencontre.

Lorsque les symptômes de la maladie se sont aggravés, vers 2011, il a tenté d'obtenir de l'aide en cognant à plusieurs portes, sans beaucoup de succès, surtout avec ses ressources financières limitées.

Quand son médecin lui a diagnostiqué une dépression et lui a dit de conduire sa femme à l'hôpital pour qu'elle soit prise en charge, il a finalement dû se résoudre à briser sa promesse, en 2014.

Il a tout de même dû insister pour que l'hôpital accepte de garder Jocelyne Lizotte. Voir son épouse se faire attacher et se faire injecter de puissants calmants lui a brisé le coeur, a-t-il dit, lors de son témoignage émaillé de sanglots.

« Elle me suppliait de ne pas les laisser faire, a relaté Michel Cadotte, la voix brisée. Ça a été très dur de voir ma femme comme ça. »

Son témoignage se poursuit aujourd'hui.