Le Montréalais Nicholas Fontanelli a contesté ce matin en Cour d'appel du Québec l'accusation de meurtre au premier degré qui pèse contre lui dans la mort de Samantha Higgins en 2015. Son procès devant jury, qui devait initialement se dérouler en novembre prochain, a, par ailleurs, été repoussé d'un an.

Pascal Milano LA PRESSE

Son avocat, Me Marc Labelle, ne conteste pas la tenue du procès de son client, mais demande au plus haut tribunal de la province qu'il soit jugé pour meurtre au second degré.

En Cour d'appel ce matin, l'avocat a indiqué aux trois juges « qu'il n'y avait pas de contexte sexuel » lors du meurtre et que, par son conséquent, son client devrait plutôt faire face à une accusation de meurtre au second degré. 

« La poursuite utilise une disposition du Code criminel disant qu'on assimile à un meurtre au premier degré la commission d'un meurtre comportant une agression sexuelle. Nous, on a dit qu'il n'y avait pas de contexte sexuel », a martelé l'avocat de la défense.

Le procureur de la Couronne, Me Louis Bouthillier, a énuméré ce matin la nature des sévices subis par la jeune femme âgée de 22 ans au moment du meurtre. À ce stade des procédures, la preuve est frappée d'un interdit de publication. La Cour d'appel a pris la cause en délibéré.

« L'accusation de meurtre au premier degré veut ici dire que ce n'est pas un meurtre prémédité, mais un meurtre commis à l'occasion d'une agression sexuelle, a distingué M. Bouthillier. Il y a une contestation sur le fait qu'il s'agissait d'une agression sexuelle, mais aussi sur le lien entre le meurtre et l'agression. [...] Selon nous, il y a preuve qu'il a bien une agression sexuelle au sens de la loi. »

Rappelons que la Montréalaise Samantha Higgins a disparu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2015. Après quatre jours de recherches, son corps a finalement été retrouvé près d'un cours d'eau à Hinchinbrooke, en Montérégie, tout près de la frontière américaine. 

Rapidement ciblé comme le principal suspect, Fontanelli a été arrêté par la Sûreté du Québec quelques jours après la découverte du corps. Outre les accusations de meurtre, il a été accusé d'outrage à un cadavre.

Le procès ne débutera pas avant le 4 novembre 2019, soit plus de quatre ans après les faits. « L'arrêt Jordan a joué en ce sens que M. Fontanelli était prêt à renoncer à son droit d'avoir un procès à l'intérieur des 30 mois, a expliqué Me Bouthillier sur ce report. Ça permettait par le fait même d'entendre une autre cause qui était en péril et qui était pilotée par Me Labelle. »

La famille de la victime, très active au moment de la disparition et depuis le début des procédures, devra donc attendre une année supplémentaire avant de tenter de tourner une page difficile. « Dans un tel cas, on peut s'attendre à ce que la mère d'une victime soit inquiète de la façon dont les choses sont faites. Je comprends ses sentiments et je partage sa peine, a ajouté Me Bouthillier. Sa fille a été tuée, c'est évidemment une situation très difficile pour elle. »