Le propriétaire de l'usine Perfection Métal, qui fabriquait des vraies armes à feu pour le crime organisé sous couvert d'une fabrique de «paintball», a écopé jeudi d'une peine de sept ans de pénitencier.

Publié le 28 juin 2018
Vincent Larouche LA PRESSE

La juge France Charbonneau a souligné que Jean-Pierre Huot «utilisait ses employés et abusait de la crédibilité de certains» en leur faisant croire qu'ils fabriquaient des armes pour des jeux de «paintball».

Elle a souligné que M. Huot savait que les armes à feu fabriquées dans son entreprise étaient vendues au crime organisé, «avec le risque que cela pouvait comporter pour la vie et la sécurité d'autrui».

Les armes étaient puissantes, munies de silencieux et de chargeurs à grande capacité. Elles étaient «conçues pour tuer et blesser un grand nombre de personnes à la fois», souligne la juge.

C'est un déclenchement du système d'alarme qui avait conduit la police de Montréal à l'usine le 13 mars 2014.

Sur place, les agents ont découvert des armes, des chargeurs, des silencieux et des douilles, ainsi que des outils et des plans pour assembler les pistolets mitrailleurs.

Un témoin a évalué durant le procès que l'entreprise aurait fabriqué de 50 à 60 armes à feu fonctionnelles sur une période de six à sept mois.

Le procureur de la Couronne avait indiqué qu'une vingtaine d'armes fabriquées chez Perfection Métal avaient été retrouvées à 18 endroits par les enquêteurs au Québec et en Ontario.

La Presse a dévoilé récemment que certaines de ces armes avaient été utilisées dans plusieurs meurtres et tentatives de meurtre liés au crime organisé ces dernières années.