Les chaleurs de l'été, à moins que ce soit celles qui ont marqué les discussions entre la Couronne et la Défense, ont fait réfléchir les membres en règle des Hells Angels Sylvain Chalifoux et Alain Durand qui ont décidé de plaider coupables à une accusation de complot pour meurtre plutôt que d'aller en procès ce matin, au Centre de services judiciaires Gouin à Montréal. Les deux motards ont été condamnés à 15 ans de prison par le juge James L. Brunton de la Cour Supérieure qui s'est ainsi rendu à une suggestion commune des parties.

Daniel Renaud LA PRESSE

Chalifoux et Durand sont détenus depuis la fameuse rafle du 15 avril 2009. En soustrayant la détention préventive de quatre ans et quatre mois et demi, qui compte en double dans leur cas, et une autre peine subie par Chalifoux durant la guerre des motards, il reste cinq ans et trois mois à purger à ce dernier à compter de ce jour et six ans et trois mois pour Durand.

Les deux hommes de 51 et 48 ans devront purger au moins la moitié de leur peine avant d'être admissibles à une libération conditionnelle. Comme elle l'a fait pour les autres accusés de SharQc qui ont plaidé coupables à une accusation de complot pour meurtre, la Couronne a retiré les accusations de meurtre, gangstérisme et trafic de stupéfiants portées contre eux. Chalifoux et Durand faisaient face aux 29 accusations originales du projet SharQc, dont 22 chefs de meurtre. Un interdit de non-publication nous empêche de dévoiler les détails de leur implication. Chacun des condamnés a également vu sa moto Harley-Davidson être confisquée par le Procureur général ainsi qu'une somme de quelques milliers de dollars.

Les deux hommes ont de lourds antécédents criminels. Membre du chapitre de Montréal depuis décembre 1993, Chalifoux, alias «Pit» a notamment été condamné à quatre ans de prison à la suite de son arrestation dans l'opération Printemps 2001. Pour sa part, Alain «Zappa» Durand a été arrêté en 2004 lors de l'opération Ziploc dans laquelle la Sûreté du Québec avait eu recours aux services d'un agent civil d'infiltration qui avait enregistré près de 300 conversations avec l'aide d'un appareil de type «body pack». Il a également été propriétaire de l'ancienne agence de placement de danseuses Fantaisie Sensations 2000 de Montréal qui commanditait des galas de combats extrêmes.

Jusqu'à maintenant, 35 des 156 accusés du projet SharQc ont plaidé coupables. Trente et un ont été libérés en 2011, neuf sont toujours recherchés et trois sont décédés, si bien que les prisons québécoises abritent actuellement 78 accusés qui sont en attente de procès. Le premier de ces procès, celui des accusés du chapitre de Sherbrooke, doit, en principe, débuter mardi prochain, avec neuf accusés.