Devant le récit de plusieurs adolescentes qui s'étaient déplacées pour témoigner de ses penchants exhibitionnistes, un ex-enseignant montréalais a finalement plaidé coupable lundi à plusieurs accusations criminelles liées à l'utilisation d'une webcam pour offrir des séances de strip-tease à des élèves.

Mis à jour le 15 janv. 2013
Vincent Larouche LA PRESSE

Jusqu'à la dernière heure, l'ex-enseignant Ianick Letendre a laissé entendre qu'il se défendrait bec et ongles dans le cadre d'un procès. Mais lundi matin, alors que ses anciennes élèves de l'école secondaire Cavelier-De LaSalle se tenaient prêtes à témoigner, à quelques pas de la salle d'audience, il a rendu les armes.

Il a toutefois paru hésitant lorsque la juge Silvie Kovacevich a voulu s'assurer que personne ne l'avait forcé à plaider coupable. «Pas directement...», a-t-il laissé tomber, l'air maussade. Devant l'insistance de la juge, il a fini par convenir que sa réponse à l'accusation était volontaire.

L'affaire remonte à janvier 2009. À sa dernière journée de travail avant de partir en congé sabbatique, Letendre a fait ses adieux à ses élèves de 3e secondaire, âgés de 14 et 15 ans. Il a écrit au tableau son courriel personnel, afin que ceux-ci puissent communiquer avec lui s'ils avaient des questions sur la matière enseignée.

Plusieurs jeunes sont effectivement entrés en contact avec lui au cours des semaines qui ont suivi. Mais dans le cas de quelques adolescentes, les conversations sont devenues graduellement plus personnelles.

Sur son profil dans une activité de réseautage, Letendre a annoncé qu'il offrait des danses gratuites si le Canadien gagnait au hockey. Il avait affiché des photos de lui en peignoir ou nu, de dos.

Au terme de clavardages en soirée, il s'est exécuté plusieurs fois sous les yeux d'élèves de son école, qui le regardaient par webcam.

Surpris en pleine action

Selon le résumé des faits déposé en cour, il dansait en peignoir, en sous-vêtements ou nu, et il exhibait ses fesses et son sexe.

Un jour, la mère d'une élève est entrée dans la chambre de sa fille et a vu à l'écran de l'ordinateur une photo de l'enseignant nu, de dos.

«Ma mère est dans ma chambre, elle te voit», a écrit la jeune fille. Letendre a répondu, en panique: «Je m'excuse, dis à ta mère que je ne fais jamais ça devant des étudiants, c'est une erreur.»

Trop tard. Son histoire s'est répandue à l'école, des adolescentes l'ont dénoncé et la police s'en est mêlée. Letendre a été congédié au printemps 2010.

L'ex-enseignant avoue maintenant avoir communiqué avec un ordinateur dans un dessein criminel, soit pour s'exhiber devant quatre adolescentes de moins de 16 ans.

Les plaidoiries sur la peine doivent avoir lieu jeudi, et Letendre prévoit évoquer des arguments médicaux à titre de facteurs atténuants. L'homme souffre d'un type grave de diabète.