Un jeune homme de 17 ans qui tenait une arme de poing à la main a été tué par la police sur la route 104 à Lac-Brome, dans la nuit de mardi à mercredi, tout de suite après avoir publié un message tristement évocateur sur Instagram.

Vincent Larouche LA PRESSE

L'image publiée vers une heure du matin ne montrait qu'un grand carré noir. La légende, en dessous, donne des indices sur l'état d'esprit de Riley Fairholm, qui se trouvait tout près de chez sa mère, à Lac-Brome.

« Je suis si content de savoir que je peux rendre la vie de tout le monde plus facile et plus heureuse bientôt. »

ATTEINT PAR BALLE

Vers 1 h 20, quelqu'un a contacté le 911 pour signaler la présence d'une personne armée, sur la route.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui a été chargé de l'enquête sur cette affaire, rapporte que les policiers de la Sûreté du Québec arrivés sur place auraient vu le jeune homme qui tenait son arme.

« Ils auraient alors tenté de discuter avec lui, en utilisant notamment un haut-parleur. Le civil serait alors devenu menaçant envers les policiers. Ils auraient alors fait feu et auraient atteint le jeune homme qui est décédé », rapporte le BEI dans un communiqué basé sur des informations préliminaires.

Huit enquêteurs de l'organisme ont été chargés de faire la lumière sur les circonstances de l'intervention. Une analyse sera faite pour déterminer si l'arme retrouvée sur place était fonctionnelle.

IDÉES NOIRES

Camille Larouche, une ancienne amie de coeur de Riley Fairholm accourue sur place, a confié à La Presse que le jeune homme lui avait fait part de pensées suicidaires.

« Lui, son but, c'était de se tirer, il l'avait dit. Il avait même déjà mis un fusil sur sa tempe, une fois. Ça lui a juste facilité la tâche qu'un policier le fasse à sa place », a-t-elle laissé tomber en ravalant ses larmes.

« Ça fait un petit bout qu'il ne se sentait pas bien. Il avait dit qu'il ne voulait pas vivre plus vieux que 30 ans. » - Camille Larouche

La cégépienne dit avoir tenté d'aider son ami, avec qui elle demeurait en contact, mais sans succès.

« J'aurais aimé avoir un impact... C'était quelqu'un de généreux, souriant, je l'adorais, et je l'adore encore aujourd'hui. J'espère qu'il sait qu'il y avait beaucoup, beaucoup de monde qui l'aimait », a-t-elle affirmé.

À ses côtés, ses parents opinaient de la tête en soulignant qu'eux aussi aimaient ce garçon.

Un ancien camarade de classe, venu déposer des fleurs devant le restaurant chinois désaffecté où le drame s'est joué, n'avait lui aussi que de bons mots.

« C'était un party guy, aimé du monde, ben ben smatte, pas violent », a dit le jeune homme, qui s'est exprimé à condition que son nom ne soit pas publié.

La famille du disparu s'était réunie chez la mère de celui-ci mercredi, mais a dit ne pas vouloir s'exprimer pour le moment.

L'enquête se poursuivait en fin de journée mercredi.

Photo David Boily, La Presse

L'enquête sur cette affaire est menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).