Samedi soir, un adolescent de 14 ans a été trouvé inconscient au fond d'une piscine publique de Montréal. Dimanche, un plaisancier s'est noyé au large de Pointe-aux-Trembles. Les corps de deux personnes qui ont perdu la vie en se noyant lors de deux autres événements ont aussi été retrouvés. Une sombre fin de semaine dans les plans d'eau du Québec, alors que s'amorce la Semaine de prévention de la noyade.

Audrey Ruel-Manseau LA PRESSE

L'adolescent trouvé inconscient dans une piscine municipale du secteur Cartierville samedi soir luttait pour sa vie lorsqu'il a été transporté à l'hôpital. Il était impossible de savoir, 24 heures plus tard, dans quel était il se trouvait.

« Il n'y a pas eu d'acte criminel. Quelqu'un a vu le jeune passer par-dessus la clôture par lui-même, alors dans les circonstances, nous ne sommes pas responsables du dossier », a expliqué Caroline Chèvrefils, relationniste pour le Service de police de la Ville de Montréal.

Le drame est survenu peu après 23 h dans une piscine de la rue Dudemaine, au complexe Marcellin-Wilson, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville.

L'endroit étant fermé et cadenassé, l'adolescent aurait enjambé la clôture pour sauter dans la piscine. Les motifs de son geste demeurent inconnus. Quoi qu'il en soit, les installations ne semblent pas comporter une défaillance en matière de sécurité.

« Tous les lieux de baignade publics et semi-publics sont réglementés par la Régie du bâtiment. À vue d'oeil, les installations de cette piscine-là me semblent tout à fait conformes : autant la hauteur de la clôture que les portes, qui étaient cadenassées », a observé Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, qui s'est rendu sur place dimanche.

LES RIVIÈRES PLUS MEURTRIÈRES QUE LES PISCINES

Le directeur général de la Société de sauvetage croit que les mesures de sécurité imposées par la Régie du bâtiment pour les piscines publiques sont suffisantes.

« Il n'y avait pas d'ouverture possible pour qu'un enfant s'immisce à l'intérieur. Dans le cas présent, on ne sait pas pourquoi l'adolescent est allé là, mais si on avait eu une clôture de 2,5 mètres, est-ce que ça l'aurait empêché d'y aller ? » se demande l'expert, qui prône des mesures éducatives plutôt que répressives pour prévenir les noyades.

La moyenne des noyades dans les années 80 au Québec était de 200. Elle est descendue à 150 dans les années 90, pour osciller autour de 70 dans les années 2000, rapporte le directeur général de l'organisation. Depuis les trois dernières années, la moyenne annuelle se rapproche davantage de 60 que de 70. La majorité des noyades surviennent en milieu naturel. 

« Au Québec, les noyades se produisent surtout en rivière. On se démarque des autres provinces canadiennes de ce côté-là. Les gens sont probablement plus attirés par le côté villégiature des rivières et ils ne se doutent pas des dangers. Parfois, la rivière paraît calme à la surface, mais elle a des remous et est beaucoup plus traître qu'elle n'apparaît. Les gens tombent ou évaluent mal le risque », prévient M. Hawkins. 

TROIS NOYADES EN MILIEU NATUREL

La fin de semaine a été tragique sur les plans d'eau naturels. Un homme de Québec est mort après que son embarcation a chaviré dans un lac de la pourvoirie Homamo Épinette rouge, située au nord de Saguenay, vendredi. Des résidants du secteur ont repéré la victime inanimée et ont ramené son corps sur la berge. 

Samedi midi, en Outaouais, des plongeurs de la Sûreté du Québec ont retiré le corps d'un autre homme d'une trentaine d'années qui s'était noyé en se baignant dans le lac du Poisson blanc, jeudi, près de Notre-Dame-du-Laus. 

Dimanche, des recherches ont eu lieu une partie de la journée dans le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Pointe-aux-Trembles, à Montréal. Un homme dans la soixantaine qui a sauté de son embarcation pour se baigner n'est jamais remonté à la surface. Ces morts portent à 27 le nombre de personnes qui se sont noyées depuis le début de 2018 au Québec. C'est exactement le même nombre qu'à pareille date l'an dernier. 

« Historiquement, on remarque que huit fois sur dix, les gens ne portaient pas leur ceinture de sécurité. Si les gens la portaient, on pourrait éviter une vingtaine de noyades par année. » - Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage

« On ne veut pas tout interdire, non. Mais on rappelle qu'on peut avoir des interactions sécuritaires avec l'eau en suivant les règles, comme de porter un gilet de sauvetage à bord d'une embarcation », martèle M. Hawkins, alors que s'amorce la Semaine de prévention de la noyade.

Chaque année, le plus grand nombre de noyades survient entre la mi-juillet et la mi-août. L'an dernier, quatre personnes ont perdu la vie de cette façon seulement lors du premier week-end des vacances de la construction.

QUELQUES MESURES DE SÉCURITÉ 

1. Être conscient de ses capacités.

2. Nager dans des lieux aménagés et surveillés.

3. Porter un vêtement de flottaison individuel (VFI) lors d'activités récréatives.

4. Toujours être accompagné, peu importe son âge.

5. Sécuriser l'accès à sa piscine.

6. Laisser un objet flottant accessible.

7. Limiter sa consommation d'alcool.

Source : Société de sauvetage