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Frappe policière à Lachine: «C'est rendu comme le Bronx»

Dans le quartier, les gens évitent une ruelle... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Dans le quartier, les gens évitent une ruelle particulièrement problématique, raconte le voisinage. On l'a surnommée la «Black Alley», un espace exigu adjacent à l'immeuble où les 12 individus ont été arrêtés.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

(Montréal) Les épisodes de violence se multiplient dans le quartier Saint-Pierre de l'arrondissement de Lachine, à Montréal. Après avoir reçu plusieurs appels de citoyens inquiets, dont certains ne quittent plus leur domicile après le coucher du soleil, les autorités policières ont arrêté 12 personnes samedi matin dans le cadre d'une opération minutieusement préparée.

Des perquisitions ont été effectuées dans un immeuble... (Photo  Félix O.J. Fournier, La Presse) - image 1.0

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Des perquisitions ont été effectuées dans un immeuble à appartements de la rue Famille, dans le secteur de l'ancienne Ville Saint-Pierre.

Photo Félix O.J. Fournier, La Presse

Parce qu'ils craignaient que des individus ne soient armés, mais aussi parce qu'il leur était arrivé d'être encerclés par une foule hostile lors d'interventions par le passé, les agents qui ont mené cette frappe dans un immeuble de la rue Camille ont été appuyés par plusieurs unités issues du groupe d'intervention technique, du groupe tactique d'intervention, de l'unité canine, ainsi que de l'Agence des services frontaliers du Canada.

C'est la deuxième fois en moins de deux semaines que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se rend dans ce secteur. Le 7 juin dernier, les policiers ont été appelés à l'angle des rues Richmond et Camille, où une femme dans la soixantaine avait été blessée par balle.

Cette dame, qui a finalement succombé à ses blessures, a été tuée d'une balle tirée de l'extérieur de son immeuble. Elle pourrait avoir été victime d'une erreur sur la personne dans le cadre d'un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants, selon ce qu'a appris La Presse. Personne n'a encore été accusé en lien avec ce crime.

«Tout a changé ces huit dernières années. Tu ne peux plus sortir dehors après une certaine heure. Le jour, c'est calme, mais le soir... Je dis à mes ados de rentrer lorsque le soleil se couche.»

Une résidante de la rue Camille, dans le quartier Saint-Pierre

«Ça fait 35 ans que j'habite ici. Ces dernières années, c'est rendu comme le Bronx. On voit les gangs de rue partout. La semaine dernière, nos vitres ont été fracassées. Aujourd'hui, quand mon fils et son enfant viennent me rendre visite, on reste à l'intérieur», a raconté un autre voisin.

TENSION PALPABLE

Dans le quartier, les gens évitent une ruelle particulièrement problématique, raconte le voisinage. On l'a surnommée la «Black Alley», un espace exigu adjacent à l'immeuble où les 12 individus ont été arrêtés.

La Presse s'y est rendue afin de parler avec les individus qui la fréquentent. «Si j'étais vous, je n'irais pas là. N'y allez pas», a d'abord prévenu une dame garée à quelques mètres de là.

Car n'entre pas qui veut dans cette ruelle où vagabondent plusieurs individus à toutes heures du jour et de la nuit. Lors de notre visite, cinq personnes étaient installées sur des chaises pour boire de la bière et fumer de la marijuana.

«Qu'est-ce que vous voulez? Il n'y a rien à voir», s'est d'abord empressée de dire l'une des personnes.

«La frappe policière d'hier? On n'a rien vu. Des familles habitent ici. Personne n'était là, allez parler à ceux qui ont été arrêtés», a ajouté une autre.

La tension était palpable et la visite ne pouvait être que de courte durée. Quand le photographe de La Presse a demandé s'il pouvait prendre une photo, les occupants lui ont fait comprendre qu'il fallait quitter les lieux rapidement.

Un voisin qui habite tout près raconte qu'il ne reconnaît plus le quartier où il vit depuis 28 ans.

«La nuit, c'est le party par ici. Avant, c'était une ville paisible : tu n'entendais rien et tout le monde se connaissait. Maintenant, le soir, c'est dangereux. Les lampadaires éclairent mal les rues. On dit carrément aux femmes et aux enfants de ne jamais être seuls», a-t-il affirmé, refusant comme tous les autres de s'identifier, de peur d'être la cible des gangs de rue.

BILAN

En tout, six des douze personnes arrêtées hier dans la rue Camille ont été relâchées sous promesse de comparaître au palais de justice de Montréal. Six autres individus demeurent toutefois détenus.

«Ces personnes, qui sont connues des policiers, seront notamment accusées de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic, d'entrave, de non-respect de conditions ainsi que diverses autres causes criminelles», a expliqué le porte-parole du SPVM, Dany Richer.

Les citoyens du quartier espèrent pour l'instant que cette opération policière aura des effets positifs à long terme.

Alors que le 1er juillet arrive à grands pas, plusieurs d'entre eux ont affirmé songer à une option qui n'en était pas une il y a quelques années à peine...

Déménager.




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