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Un trouble psychiatrique a-t-il poussé un constable spécial au suicide?

Pierre Chauvette était constable spécial au palais de... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Pierre Chauvette était constable spécial au palais de justice de Montréal.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

C'est un trouble psychiatrique, plus que le harcèlement au travail, qui semble avoir poussé au suicide le constable spécial Pierre Chauvette, en septembre dernier.

C'est ce qui se dégage du rapport que le coroner a rendu dans cette affaire. «M. Chauvette présentait une longue histoire de troubles psychiatriques, datant d'au moins 2008, qui rendait difficile son comportement avec l'autorité», lit-on dans ce rapport, rédigé par le coroner Paul G. Dionne. Le coroner signale aussi que M. Chauvette réagissait avec une perspective paranoïde et  qu'il percevait vite  ses collègues et ses supérieurs comme des agresseurs.» 

Les médias évitent de parler des suicides habituellement. Celui de M. Chauvette, constable spécial au palais de justice de Montréal, avait échappé à la règle, en raison des allégations de harcèlement au travail qui se sont mises à essaimer, vers la fin d'octobre. Le ministère de la Sécurité publique avait d'ailleurs ouvert une enquête interne.

Troubles délirants 

Le rapport du coroner signale que M. Chauvette avait reçu, en 2011, un diagnostic de troubles schizophréniques avec traits obsessionnels et narcissiques. En 2012, on lui attribuait des «troubles délirants de type persécutoire» qui étaient cependant en rémission.

M. Chauvette avait bien reçu une lettre de son employeur, à la mi-août dernier, l'avisant qu'il devait être plus assidu au travail. Il a interprété cette lettre comme une menace et en a été stressé, selon le coroner, qui note : «il semble présenter un délire paranoïde lorsqu'il écrit, le 7 septembre, une note à contenu d'autodestruction.»

Le lendemain, 8 septembre, en après-midi, M. Chauvette appelait les secours, qui sont vite arrivés à son domicile. Les policiers l'ont trouvé assis et confus, avec des contenants vides d'aspirine et de quetiapine. Il a indiqué avoir pris 150 aspirines et 100 quetiapines (un antipsychotique.) 

M. Chauvette a été vu aux urgences à 16h30 ce jour-là. On lui a fait un lavage d'estomac, mais ce n'est qu'une douzaine d'heures plus tard, quand son état s'est détérioré, qu'il a été soumis à l'hémodialyse. C'était trop tard. M. Chauvette est mort vers 6h30 le matin.

Le coroner croit que M. Chauvette aurait pu être sauvé si l'hémodialyse avait été débutée plus tôt, comme le recommandait d'ailleurs le Centre antipoison. Il ne comprend pas «les raisons du retard», et recommande pour sa part que le dossier soit revu par la Direction des services professionnels de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, et par le Syndic du Collège des médecins.

«Monsieur Chauvette dans sa réaction de stress avec l'autorité (employeurs et supérieurs) aurait eu un geste impulsif de violence et de colère contre lui-même : c'est à notre connaissance la première fois qu'il réagissait ainsi. Très tôt (environ une heure) après son geste d'autodestruction (consommation d'AAS  et Seroquel) il appelle à l'aide et n'est plus dans un esprit d'autodestruction. Il veut vivre, regrette son geste et admet qu'il a peut-être trop réagi», écrit le coroner.

Enquête

Le rapport du coroner devrait sans doute apporter de l'eau au moulin de l'enquête qui avait été ouverte au ministère de la Sécurité publique. Les reproches de M. Chauvette visaient particulièrement un de ses supérieurs. Celui-ci aurait été interrogé, et il n'est plus revenu au palais de justice de Montréal. 

Joint par La Presse, Clément Falardeau, porte-parole du ministère, a indiqué qu'il devait vérifier pour voir où en était cette enquête.




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