L'homme qui a trouvé la mort au terme d'une opération policière dans une maison de chambre lundi soir à Montréal était un évadé de l'Institut Philippe-Pinel, où il était hospitalisé après avoir été déclaré non criminellement responsable d'un crime.

Mis à jour le 12 nov. 2013
David Santerre LA PRESSE

Donald Ménard, 41 ans, avait été rapporté disparu par l'institut spécialisé en psychiatrie légale le 10 novembre, rapporte la Sûreté du Québec. 

L'homme à la longue feuille de route devant les tribunaux du Québec, était apparemment à Pinel depuis une déclaration de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux dans une affaire de maltraitance d'animaux, en 2012. 

Il avait déjà, dans le passé, été déclaré non criminellement responsable d'accusations de vols, et a aussi plusieurs fois purgé de courtes peines de prison pour de petits délits. Ce n'était pas non plus la première fois qu'il s'évadait d'un hôpital où il était détenu sur ordre d'un Tribunal. La SQ avait alors émis un avis de recherche, précisant qu'elle craignait pour sa sécurité s'il ne consommait pas ses médicaments. 

Lundi soir, il s'est retrouvé, pour une raison encore inconnue, dans une maison de chambre située au 2017, rue Saint-André, dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il n'y résidait pas. 

La police et des ambulanciers sont d'abord intervenus dans cette maison vers 17h30, car une femme y avait fait une chute et s'était blessée. 

Pendant l'intervention, Ménard serait surgi de nulle part et aurait assailli les policiers, les frappant, brisant même les dents de l'un d'eux. 

Du poivre de Cayenne aurait été utilisé pour maîtriser l'homme déchaîné, puis un bâton télescopique, en vain, le costaud résistait. 

Il semble qu'un pistolet électrique, un Taser, ait été utilisé, mais son rôle demeure incertain dans l'affaire. On ne sait pas si, de fait, M. Ménard a été touché par les fléchettes électrifiées de l'arme. 

Mais au terme de l'intervention policière qui a eu lieu dans un étroit couloir, l'homme a perdu conscience et rendu l'âme à l'hôpital. 

L'enquête a été, comme chaque fois qu'un citoyen meurt lors d'une opération policière, confiée à un autre corps policier, la SQ en l'occurrence. 

«Il est trop tôt pour déterminer si le Taser a une responsabilité dans la mort de l'homme. Une autopsie sera menée et nous permettra d'en savoir plus», a expliqué le sergent Gino Paré, porte-parole de la SQ.