Deux ans après avoir décrété la tutelle de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), la ministre de la Justice Stéphanie Vallée estime qu'il reste encore des étapes à franchir avant qu'elle ne soit levée. Une rencontre est toutefois prévue avec la présidente de l'Ordre pour faire le point.

Kathleen Lévesque LA PRESSE

« La mise sous administration sera levée lorsque nous aurons la certitude que l'Ordre continuera de remplir sa mission de protection du public et que le plan de redressement sera complété », a indiqué à La Presse l'attachée de presse de la ministre, Isabelle Marier St-Onge.

Cette dernière reconnaît toutefois que « d'importantes mesures ont été prises depuis deux ans afin de redresser la situation financière de l'Ordre et d'assurer que la mission de protection du public soit protégée, que les postes clés de l'organisation soient comblés et que sa structure réglementaire soit à jour ».

De fait, l'OIQ a procédé à des changements importants. Dans le rapport annuel 2017-2018, la présidente Kathy Baig souligne notamment que les mécanismes de protection du public et la gouvernance de l'Ordre ont été renforcés avec l'arrivée d'un nouveau directeur général. « Plus de 83 % de nos dépenses sont maintenant consacrées à nos activités de protection du public », y souligne Mme Baig.

De plus, un nouveau syndic est en poste, ce qui a eu un effet concret sur le règlement de plusieurs enquêtes. Au 31 mars dernier, on comptait 258 enquêtes actives, contre 629 trois mois plus tôt. Le rythme des inspections professionnelles de base s'est accru « en vertu d'un nouveau modèle d'inspection ». Par ailleurs, l'OIQ offre de la formation virtuelle depuis juin dernier, notamment en matière de contrats de services professionnels.

RENCONTRE À VENIR

Le cabinet de Mme Vallée maintient que « certaines étapes restent à être franchies », sans préciser lesquelles. Mme Marier St-Onge ajoute toutefois que la ministre demeure confiante en « la capacité de l'Ordre de les mener à bien ».

Mme Marier St-Onge confirme qu'une rencontre est prévue entre Mme Vallée et la présidente de l'Ordre. Cette dernière a refusé d'accorder une entrevue à La Presse sur la question.

Depuis juillet 2016, toutes les décisions du conseil d'administration sont soumises à l'approbation d'un comité de tutelle composé de trois personnes (le comptable François Renaud, l'ex-bâtonnière MJohanne Brodeur et l'ancien recteur de l'Université Laval Michel Pigeon). Leur plus récent rapport d'activités détaillé a été remis le 3 juillet dernier.

Au moment de la mise sous tutelle, l'OIQ vivait une énième crise interne. L'Office des professions, qui chapeaute les 46 ordres professionnels, dont l'OIQ, venait de transmettre un rapport d'observation à la ministre Vallée, dans lequel on soulignait « plusieurs lacunes, tant dans la gouvernance que dans la régie interne ».