Un homme acquitté d'un meurtre commis au square Viger à Montréal en 2015 devra subir un second procès, vient de conclure la Cour d'appel du Québec. Paul Evans Gordon Gray avait été acquitté en moins de 24 heures par le jury du meurtre non prémédité d'Edwin Johnson, même si trois témoins affirmaient qu'il avait poignardé la victime.

Publié le 4 juill. 2018
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

Le plus haut tribunal de la province a ordonné mercredi la tenue d'un nouveau procès pour Paul Evans Gordon Gray en raison d'une erreur commise par le juge Alexandre Boucher dans ses directives au jury. Le juge du procès qui s'est déroulé au palais de justice de Montréal à l'automne 2016 avait rejeté l'admissibilité en preuve du plaidoyer de culpabilité d'un témoin-clé de la Couronne.

Tamara Chandler, une amie de l'accusé, avait plaidé coupable avant le procès à une accusation de complicité après les faits et avait écopé de 18 mois de prison. Mais pendant son témoignage, Mme Chandler ne pouvait dévoiler au jury son récent plaidoyer. Or, la défense a «indûment profité de cette décision pour exploiter les faits» et s'en prendre à la crédibilité du témoin sans que «le jury obtienne des explications», explique la Cour d'appel.

«Le jury a eu une image déformée de la crédibilité de ce témoin [Chandler], crédibilité qui était centrale à l'issue du procès. [...] L'avocat de la défense a indûment profité de la situation en suggérant une trame factuelle sur fond de collusion, alors que la preuve telle que présentée ne lui permettait pas de le faire», soutient la Cour d'appel.

Ainsi, le verdict du jury «n'aurait pas nécessairement été le même si le juge du procès avait correctement donné ses directives au jury», conclut le plus haut tribunal de la province.

Paul Evans Gordon Gray est accusé d'avoir poignardé au cou Edwin Johnson, 45 ans, le matin du 27 septembre 2015 au square Viger, au centre-ville de Montréal. Une affaire de drogue serait au coeur du conflit qui a éclaté entre les deux hommes.

Les procureures du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui ont piloté ce dossier sont Me Jasmine Guillaume et Me Marie-Claude Bourassa. L'accusé était représenté par Me Marie-Hélène Giroux et Me Clemente Monterosso.