La Gendarmerie royale du Canada a saisi chez un homme de St-Joseph-du-Lac une arme à feu artisanale ainsi que des imprimantes 3D et des plans pour les usiner à la maison.

L’enquête visant Pascal Tribout, âgé de 37 ans, a débuté après la découverte de propos haineux contre les juifs, qu’il est accusé d’avoir diffusés sur le réseau de messagerie crypté Telegram.

C’est lors d’une perquisition à son domicile, ce jeudi, que les policiers ont découvert du « matériel lié à une idéologie extrémiste » ainsi que « plusieurs dizaines de pièces d’armes à feu » et une « importante quantité d’imprimantes 3D », indique le sergent Charles Poirier, porte-parole de la GRC.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE LINKEDIN DE PASCAL TRIBOUT

Pascal Tribout

Les policiers ont notamment trouvé une arme imprimée de modèle FGC-9, dont le nom est un acronyme de « Fuck gun control » (« j’emmerde le contrôle des armes à feu »). Ils ont aussi saisi un chargeur haute capacité prohibé ainsi que du matériel électronique. « Il y avait notamment des plans pour imprimer des armes », précise le sergent Charles Poirier, porte-parole de la GRC.

Imprimer une carcasse d’arme à feu est interdit au Canada en vertu du Code criminel. En partager les plans est également prohibé. M. Tribout devra répondre à des accusations de trafic d’armes, possession d’armes à feu prohibée, possession d’un dispositif prohibé, possession et distribution de données informatiques relatives à des armes pouvant être utilisées avec une imprimante 3D et d’avoir fomenté la haine.

PHOTO FOURNIE PAR LA GENDARMERIE ROYALE DU CANADA

Une imprimante 3D a été saisie

Les profils de M. Tribout sur Instagram et LinkedIn contiennent un nombre limité de publications anti-vaccin datant de la pandémie de COVID-19. « Une des meilleurs choses d’être un théoricien du complot est que tu finis pas avec une myocardite », indique un des billets qu’il a partagés provenant de PatriotsHub, une communauté en ligne de défense du 1er amendement de la Constitution américaine, qui revendique une liberté de parole absolue.

La perquisition a duré toute la journée et a mobilisé une cinquantaine de policiers, qui ont dû louer des camions-cube pour transporter le matériel saisi, indique le sergent Poirier.

Les policiers ont également perquisitionné un local commercial d’une entreprise de toiture dont M. Tribout est actionnaire. Rien ne laisse cependant croire que ces locaux aient été utilisés à des fins criminelles. « Le suspect n’a aucun complice » connu à ce stade, précise la GRC.

Joint par téléphone, un des partenaires d’affaires de M. Tribout s’est dissocié de toute activité illégale.