(Regina) Un rapport sur la manière dont la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a réagi à une tuerie et à une chasse à l’homme en Saskatchewan a révélé certains problèmes de communication, mais rien qui n’ait eu un impact considérable sur le résultat.

La police a arrêté Myles Sanderson trois jours après qu’il eut tué 11 personnes et blessé 17 autres dans la Nation crie de James Smith et dans le village voisin de Weldon.

M. Sanderson, âgé de 32 ans, est décédé d’une surdose de cocaïne peu de temps après son arrestation.

Jeudi, la GRC a publié un rapport, réalisé par la gendarmerie de l’Alberta, évaluant la réponse de la police en 2022 et recommandant des améliorations.

« De manière générale, l’équipe d’examen n’a identifié aucune circonstance sous-jacente commune qui aurait entravé de manière significative la capacité de la GRC à gérer l’intervention face à l’évènement (de la Nation crie de James Smith et de Weldon) », indique le rapport.

« En même temps, certaines pistes d’améliorations ont été identifiées dans le but sous-jacent d’améliorer les réponses à des situations futures similaires. »

L’équipe qui a réalisé le rapport comprenait un observateur de la Fédération des nations autochtones souveraines, qui représente 74 Premières Nations de la Saskatchewan.

Temps d’intervention approprié

La Nation crie de James Smith avait fait part de ses inquiétudes quant au fait que les agents auraient dû réagir plus rapidement aux attaques au couteau, mais le rapport a conclu que le temps de réponse était approprié et que le premier appel d’intervention « n’aurait pas pu être rationalisé davantage qu’il ne l’était déjà ».

Le rapport indique que la situation s’est déroulée rapidement après que le premier signalement sur les attaques fut parvenu au détachement de la GRC de Melfort avant 6 heures du matin, le 4 septembre 2022.

Un policier était présent, mais il a dû attendre que son partenaire arrive au poste. Neuf minutes plus tard, ils sont partis.

D’autres appels sont arrivés alors qu’ils se dirigeaient vers la Première Nation. Ils sont arrivés en 28 minutes.

À mesure que la situation évoluait, la GRC a décidé d’ouvrir son centre des opérations d’urgence de division, composé de cadres supérieurs, à Regina. Mais parfois, indique le rapport, on ne savait pas clairement qui était aux commandes.

Confusion dans les communications

La confusion était flagrante le 7 septembre, lorsque la police poursuivait M. Sanderson dans un camion volé. Deux commandants principaux ont appelé à forcer le véhicule à quitter la route, mais ils n’ont pas fait appel à un autre commandant chargé de superviser la tactique.

Le rapport indique qu’il aurait fallu trop de temps pour mettre tout le monde au courant à ce moment-là ; cette décision était donc justifiée. Mais il recommande que la prochaine fois, la GRC communique clairement que le centre des opérations d’urgence de la division a une autorité globale.

D’autres problèmes de communication ont également été constatés lors de la chasse à l’homme, qui s’est déroulée au sol et dans les airs.

Le rapport indique que les équipages étaient inondés de demandes de policiers et que les pilotes ne savaient pas exactement de qui ils devaient suivre leurs instructions. Cela les a amenés à voler « sans grand but ».

À un moment donné le 7 septembre, lorsque M. Sanderson a été repéré dans la ville de Wakaw, tous les avions étaient en train de faire le plein.

« Cela a provoqué un retard à un moment critique et a peut-être mis en évidence l’un des problèmes clés de cet incident », constate-t-on.

Ces problèmes pourraient être résolus en ayant un coordinateur de vol pour gérer les pilotes, indique le rapport.

Des améliorations apportées

En réponse au rapport, la gendarmerie a déclaré qu’elle avait depuis modifié ses procédures et qu’elle allait désormais nommer un « chef de l’air ».

Le rapport ajoute que des problèmes de communications se sont également produits lorsque certaines informations du centre d’appels sur l’endroit où se trouvait M. Sanderson ne sont pas parvenues aux décideurs.

La GRC a déclaré que lors de crises futures, elle intégrerait un analyste criminel et un enquêteur sur les crimes majeurs dans son centre d’appels.

Elle a ajouté qu’elle avait depuis mis en place une nouvelle structure de commandement pour les incidents majeurs, comprenant une meilleure technologie pour permettre aux enquêteurs de communiquer en temps réel.

La force a également acheté des radios qui fonctionnent mieux dans la Nation crie de James Smith et dans les environs.

Le rapport félicite la GRC pour son aide à la suite des meurtres, permettant aux familles de faire leur deuil et d’organiser des cérémonies avant que les corps ne soient enlevés pour pratiquer des autopsies. Les agents ont aussi tenu les victimes au courant de l’état de leurs maisons qui nécessitaient d’être restaurées.

Le rapport indique qu’il y a eu des moments où des corps ont été exposés au public. Depuis, la GRC a acheté des tentes et des murs portatifs qui peuvent être utilisés pour bloquer la vue.

De meilleures relations avec les Premières Nations

Cependant, les familles ont déclaré qu’elles pensaient qu’il était possible de faire davantage pour améliorer les relations avec la Nation crie de James Smith, recommandant à la GRC d’assister à des évènements et de tenir des réunions régulières avec les dirigeants.

En réponse, la GRC a déclaré que le détachement de Melfort faisait de son mieux pour participer aux évènements, mais qu’il disposait d’un petit nombre d’employés. Il a déclaré qu’il s’engageait à aider la communauté à se rétablir.

Il y a eu plusieurs autres examens sur les attaques au couteau.

Un rapport cherchant à savoir pourquoi M. Sanderson était en liberté conditionnelle à l’époque, malgré des antécédents d’agressions violentes, a révélé qu’il n’y avait aucun moyen de prévoir ses agissements, mais a demandé plus de temps au personnel de la commission des libérations conditionnelles pour procéder à des évaluations.

L’enquête du coroner sur les attaques a recommandé à la GRC d’avoir des équipes spécialisées complètes et d’améliorer ses relations et ses communications avec la Nation crie de James Smith.

Une autre enquête qui a déterminé que M. Sanderson était décédé d’une surdose accidentelle alors qu’il était en détention a demandé une formation accrue de la police sur les poursuites à grande vitesse.