Une vidéo montrant un homme fonçant délibérément sur de jeunes orignaux avec son véhicule sème l’émoi sur la Côte-Nord.

Publié le 3 août
Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

« Tasse-toi, mon tabarnak, parce que tu vas y goûter en hostie », lance l’homme en poursuivant deux faons effarés, filmant la scène avec son téléphone.

« Je m’en crisse de mon bumper », lance-t-il.

L’homme pourchasse l’un des faons dans l’accotement en terre, appuyant sur l’accélérateur à l’approche de l’animal.

« T’es le premier à y passer ! », s’exclame-t-il après avoir vraisemblablement happé la bête, qui reprend sa course.

L’homme accélère de plus belle et roule cette fois sur l’animal, enchaînant les sacres de satisfaction.

« Attends, attends, attends, je vais lui repasser dessus », dit-il visiblement à un passager qui l’accompagne, avant de faire marche arrière et de rouler à nouveau sur le faon, qu’on aperçoit ensuite gisant au sol.

« Puis il miaulait, à part de ça », constate-t-il.

La vidéo, qui a été mise en ligne sur le réseau social Snapchat, est aussi ponctuée de commentaires injurieux et décousus à l’endroit des Autochtones.

Son auteur semble par ailleurs anticiper le tollé qu’elle a suscité.

« Je ne veux pas voir un hostie de crisse de cave sur Snapchat qui m’écrit : “Ah, c’est un bébé, bla bla bla.” Mange de l’hostie de marde, écris-moi pas, mon tabarnak », lance-t-il.

Homme identifié

La Sûreté du Québec (SQ) affirme avoir « identifié » l’auteur de la vidéo, qui aurait été tournée dans le secteur de Moisie près de Sept-Îles, mais indique ne pas l’avoir arrêté.

« On est en train de faire des vérifications pour éclaircir tout ça », a déclaré à La Presse la sergente Nancy Fournier, porte-parole du corps policier pour le district Nord.

L’homme a toutefois été « rencontré » par des agents du service de protection de la faune du Québec, a indiqué à La Presse Eric de Montigny, porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

Plusieurs accusations, dont celle d’avoir tué du gros gibier avec un véhicule, pourraient être déposées.

Eric de Montigny, porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Il a ajouté que chaque infraction de ce type est passible d’une amende de plus de 2500 $.

« Des accusations de cruauté envers des animaux pourraient également être déposées par la Sûreté du Québec », a aussi dit M. de Montigny, qui précise que la collaboration du public a permis de faire avancer l’enquête.

La Presse a tenté de joindre par différents moyens l’auteur de la vidéo, en vain.