Un trafiquant d’armes à feu a été condamné à huit ans de prison, mardi, au palais de justice de Montréal. Jonathan Mputu Bijimine vendait pour des milliers de dollars des carabines semi-automatiques de type militaire, des pistolets et des chargeurs à grande capacité.

Publié le 21 juin
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Le Montréalais de 34 ans a plaidé coupable à huit chefs d’accusation de trafic d’armes à feu, de possession d’arme à feu prohibée chargée et de trafic de drogue. Jonathan Mputu Bijimine faisait partie d’un réseau de trafiquants d’armes démantelé en octobre 2020 par la Section du crime organisé du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Un agent d’infiltration (AI) entre en contact par message texte avec Jonathan Mputu Bijimine à l’été 2020 dans le but d’acheter des armes à feu, selon les faits présentés par le procureur de la Couronne Me Éric Poudrier. Une première transaction survient le 6 août dans un stationnement de Laval. Le policier débourse 5000 $ pour acheter un pistolet Glock noir et un chargeur à haute capacité.

Le policier infiltré souligne plus tard son intérêt pour un fusil semi-automatique AR-15. Jonathan Mputu Bijimine lui vend cependant pour 6500 $ un pistolet d’assemblage artisanal Polymer80 de type Glock avec silencieux.

PHOTO DÉPOSÉE EN PREUVE

Un pistolet Polymer80 de type Glock avec silencieux et chargeur haute capacité vendu 6500 $

Toujours en quête d’un fusil AR-15, l’agent d’infiltration poursuit ses discussions avec le trafiquant. Ce dernier propose plutôt de lui vendre pour 15 000 $ deux carabines semi-automatiques Simonov de calibre 7,62 mm. Ce fusil d’assaut de type militaire est similaire au célèbre AK-47.

L’échange se fait cette fois à Mirabel en octobre 2020 et se conclut par l’arrestation de Jonathan Mputu Bijimine. Dans son appartement, les policiers saisissent une arme à feu prohibée. Plus tard, le trafiquant se fait pincer en possession de 50 grammes de cannabis en prison.

Me Poudrier et l’avocat de la défense, Me Gary Martin, ont présenté une suggestion commune de huit ans d’emprisonnement, évitant du coup la tenue d’un procès d’une semaine en août prochain. Le juge Érick Vanchestein a entériné cette suggestion « raisonnable », compte tenu des antécédents judiciaires de l’accusé et du « sérieux » des armes à feu saisies.

Impassible pendant l’audience, Jonathan Mputu Bijimine a soudainement exprimé son mécontentement lorsque le juge lui a imposé une peine concurrente de six mois pour l’affaire de cannabis.

« Monsieur, avec vos antécédents judiciaires et les infractions commises, la suggestion de six mois est très raisonnable. C’est du trafic en prison », a alors tranché le juge. En raison de la détention préventive, la peine du trafiquant est de 62 mois à ce jour.

Jonathan Mputu Bijimine a déjà été condamné à six ans de pénitencier pour un homicide involontaire par arme à feu en 2012. Le jeune homme avait tué accidentellement un ami d’enfance en voulant décoincer son arme à feu. Les hommes allaient alors « collecter » des clients.

Le ministère public a également retiré les accusations portées contre Myriam Chikh, 32 ans, qui était la conjointe de Jonathan Mputu Bijimine à l’époque.