Un homme qui s’était caché dans les toilettes d’un Tim Hortons pour y séquestrer une femme et l’agresser sexuellement a été condamné à cinq ans de prison, mais sera libre dès mercredi, parce qu’il est déjà détenu depuis l’automne 2018 pour ce crime.

Publié le 25 janvier
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Edwin Alexander Santamaria a aussi été déclaré délinquant à contrôler pour les sept prochaines années et sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.

En rendant son jugement, mardi au palais de justice de Montréal, la juge Sonia Mastro Matteo a dénoncé « l’agression sexuelle brutale » commise par l’homme de 41 ans, en plein après-midi, dans le quartier Saint-Michel, le 7 octobre 2018.

La victime, en entrant dans l’une des cabines des toilettes du Tim Hortons, a découvert avec stupéfaction qu’Edwin Alexander Santamaria s’y dissimulait, appuyé contre le mur du fond.

Violente agression

L’agresseur s’est alors rué sur elle avec force, ce qui a provoqué une violente altercation physique. D’ailleurs, des sangles du manteau de la victime se sont déchirées pendant l’agression.

Tout en essayant de se dégager de son emprise, la victime tentait de crier pour alerter les clients dans le restaurant, mais l’assaillant lui mettait une main sur la bouche. À deux reprises, la victime s’est retrouvée au sol.

Pendant ces évènements, qui ont duré quelques minutes, la femme a raconté, lors de son témoignage, que Santamaria avait « écrasé » ses lèvres sur les siennes. Puisqu’elle bougeait sa tête pour l’empêcher de l’embrasser, il tentait avec ses mains d’immobiliser sa tête.

Une femme et un enfant ont alors essayé d’entrer dans les toilettes. Toujours selon la victime, l’assaillant s’est alors dirigé vers la porte pour empêcher son ouverture. Quand la porte a fini par s’ouvrir, Santamaria est sorti, suivi par sa victime. À l’extérieur du restaurant, elle a demandé à son conjoint de courir derrière l’agresseur, ce qu’il a fait.

Des policiers qui se trouvaient tout près ont intercepté le coupable, qui, en plus de se débattre, a frappé l’un d’eux et a tenté de s’emparer de son arme de service. Avec l’aide d’un passant, et en utilisant du gaz poivre, les policiers ont finalement maîtrisé Santamaria.

Compte tenu du caractère violent et prémédité de l’attaque, la juge Mastro Matteo l’a condamné à trois ans de détention pour agression sexuelle, en plus de lui imposer une peine consécutive de deux ans pour avoir frappé un policier et avoir tenté de prendre son arme.

Or, comme Santamaria est déjà détenu depuis plus de trois ans, et que la détention provisoire est calculée au ratio de 1,5, il ne lui resterait que 16 jours à purger.

En raison des « conditions de détention particulièrement sévères » attribuables à la pandémie, la juge lui a accordé un crédit supplémentaire de 15 jours, ce qui fait qu’il ne lui reste qu’une seule journée de prison à purger.

Récidive probable

Dans sa décision, la juge a expliqué que la peine imposée tenait compte du passé difficile d’Edwin Alexander Santamaria, qui aurait lui-même été agressé sexuellement au cours de son adolescence et qui s’est notamment retrouvé seul au Canada à l’âge de 14 ans, quand sa mère est rentrée en Colombie sans lui.

Mais elle a aussi pris en considération les nombreuses infractions antérieures de l’accusé, notamment pour violence conjugale. D’ailleurs, au moment de l’agression du Tim Hortons, Santamaria était en probation.

Malgré le fait qu’il manifeste un désir de rentrer dans le droit chemin, « le Tribunal est convaincu hors de tout doute raisonnable que les gestes répétés d’agression, de violence conjugale, de violence sexuelle et carcérale constituent des actes répétitifs qui permettent de croire que M. Santamaria causera des sévices ou des dommages psychologiques graves à d’autres personnes », écrit la juge Mastro Matteo.

C’est pourquoi elle l’a déclaré délinquant à contrôler pour sept ans.