Le leader antimasque Mario Roy, qui prétend que le système de justice québécois participe à un « réseau d’enlèvement d’enfants », aura droit à cinq semaines de procès, dont au moins trois devant un jury, pour se défendre d’accusations de harcèlement criminel visant une personne associée au système judiciaire.

Publié le 1er déc. 2021
Tristan Péloquin
Tristan Péloquin La Presse

Ces cinq semaines d’audience, qui ont officiellement été réservées mercredi par la Cour supérieure, s’ajoutent aux 20 jours d’audience prévus la semaine dernière par la Cour du Québec, pour un procès lors duquel M. Roy devra se défendre, avec cinq autres militants du groupe Les Farfadaas, d’accusations de méfait en lien avec le blocage du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine en mars dernier.

M. Roy se représente seul et prétend avoir créé une jurisprudence lui permettant de procéder à des arrestations citoyennes, notamment contre du personnel de justice. Il avait été arrêté et incarcéré pendant quatre mois au printemps dernier après avoir présumément brisé une ordonnance qui lui interdisait de mentionner le nom de l’avocate du Barreau qui fait déposer des accusations d’outrage au tribunal contre lui. Il a depuis été libéré sous condition.

Pour ce procès pour harcèlement, il dit avoir besoin de « minimum 10 jours, possiblement 15 » jours d’audience pour faire entendre une vingtaine de témoins. Il réclame aussi de faire jouer intégralement l’enregistrement audio d’un « procès de cinq jours » qui confirme, selon lui, qu’il a créé une « jurisprudence » en matière d’arrestation citoyenne. « Il y a un audio du tribunal qui confirme ma crédibilité », a-t-il expliqué à la juge Éliane Perreault mercredi.

« M. Roy, vous comprendrez que le juge n’écoutera pas un autre procès, l’a-t-elle averti. Il y a des règles qui gèrent tout ça. »

La Couronne, de son côté, prévoyait tout au plus cinq jours de procès, ainsi qu’une semaine d’audience pour débattre, notamment, d’une requête pour écarter de grands pans de la preuve audio et vidéo jugée non pertinente. M. Roy insiste cependant pour que l’ensemble les enregistrements tirés de Facebook, qu’il qualifie de « vidéos humoristiques », soient entendus intégralement par le jury pour qu’il comprenne le contexte de ses déclarations.

En mars dernier, le juge André Vincent, de la Cour supérieure, avait affirmé, en déclarant M. Roy coupable de trois outrages au tribunal, que sa prétention d’avoir créé une « jurisprudence sur le pouvoir d’arrestation citoyenne » s’appuie sur des « théories farfelues ou imaginées dans l’esprit d’une personne croyant connaître les principes de droit applicable ».