Le maire de Saint-Joseph-du-Lac, dans les Laurentides, demande l’intervention de la Sûreté du Québec, après que le véhicule d’une conseillère municipale a été incendié dimanche soir, le quatrième évènement inquiétant en deux semaines qui semble cibler l’administration municipale.

Michel Saba La Presse Canadienne

« Présentement, c’est un petit peu le Far West », lance au bout du fil Benoit Proulx, le maire sortant, en constatant que les élus municipaux et le directeur général sont clairement victimes d’intimidation.

Le plus récent évènement de la série est l’incendie du véhicule de la conseillère municipale Alexandra Lauzon dans l’entrée de sa résidence dimanche soir.

« L’expertise préliminaire de la scène laisse croire que l’origine de l’incendie est de nature criminelle », a confirmé l’inspecteur Jean-Philippe Labbé de la division des enquêtes criminelles à la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes.

Deux jours plus tôt, dans la nuit de vendredi à samedi, la voiture de la conjointe du directeur général de la municipalité a aussi été incendiée alors que toute la famille dormait dans la maison. Le feu s’est propagé à un autre véhicule du couple et à leur tente-roulotte sur laquelle était installée une bonbonne de propane.

« Ça a passé proche que le feu se propage à la résidence également », a déclaré le directeur général Stéphane Giguère en entrevue avec La Presse Canadienne, racontant que c’est une voisine qui les a réveillés. Il se dit « très inquiet » de la situation.

La semaine dernière, la conjointe d’un conseiller municipal a « perdu une roue sur l’autoroute ». Des vérifications ont révélé que « des boulons ont été desserrés » et « ce n’était plus les boulons originaux » qui étaient installés, a indiqué le maire.

Le premier magistrat a affirmé avoir lui-même reçu « un appel anonyme très, très dérangeant » il y a deux semaines.

Le « guts » de faire son travail

Le maire Proulx compte rencontrer lundi le corps de police municipal et demander officiellement à ce que la SQ se mêle de l’affaire étant donné qu’elle aurait davantage d’expertise dans ce type d’enquête.

« C’est trop grave tout ce qui se passe pour laisser ça continuer. C’est pour ça que je demande de l’aide », a-t-il dit.

MM. Proulx et Giguère ont tous deux affirmé avoir une bonne idée des responsables de ces crimes. Ils ont dit avoir communiqué cette information aux policiers et refusent de la révéler publiquement ni de dire à quel dossier ce serait lié pour éviter de nuire à l’enquête.

« Ce qu’ils veulent, c’est probablement me faire démissionner et les membres de mon conseil municipal, a soutenu le maire. Tout ça parce qu’on a le guts de faire notre travail correctement. »

Quant au directeur général, il a dit s’attendre à ce que « les services de police concernés prennent ça très au sérieux et posent les gestes qu’il faut très rapidement ».

Tandis que la campagne électorale vient de débuter, M. Proulx se dit convaincu que ce ne sont pas des candidats adverses. « Je les connais les individus. Jamais ils n’auraient posé un geste direct ou indirect comme ça. »

M. Proulx, qui termine son deuxième mandat comme maire et qui a 22 ans de politique municipale à son actif, entend solliciter un troisième mandat, « peu importe ».