La flambée de violences par armes à feu se poursuit : un homme dans la trentaine a été abattu dans la nuit de mercredi à jeudi à Longueuil. L’évènement serait lié au crime organisé, confirment les autorités policières.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

L’homme se trouvait dans son domicile. Le ou les suspects ont tiré au moins un projectile en sa direction. La victime de 31 ans a reçu une balle à la tête et a succombé à ses blessures sur place. Il s’agit de Joas Jean-Baptiste, connu des services policiers. Selon des informations préliminaires, le meurtre serait lié au trafic de stupéfiants.

La façon dont l’homicide a été exécuté correspond au modus operandi du crime organisé, confirment nos sources policières.

La fusillade a éclaté vers 1 h 30 à la résidence de la victime rue Truteau, dans le secteur du centre commercial Place Désormeaux.

Un large périmètre de sécurité a été érigé peu après, et les enquêteurs se sont mis au travail.

En début de matinée, aucune arrestation n’était rapportée. Toute personne qui détient de l’information sur cet évènement est priée par la police de composer le 911.

Flambée de violences

Cette fusillade est survenue moins de 24 heures après que les autorités eurent annoncé la formation d’une équipe comprenant la Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour lutter contre le trafic d’armes à feu et les crimes qui en découlent dans le Grand Montréal. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a aussi été contactée pour qu’elle rejoigne cette équipe.

Lundi soir, une fusillade a fait trois morts et deux blessés dans le quartier Rivière-des-Prairies, dans le nord-est de Montréal. L’une des victimes, Jerry Wilmer Jean-Baptiste, pourrait avoir un lien de parenté avec Joas Jean-Baptiste, l’homme tué jeudi, ont évoqué certaines sources policières en début de matinée. « Nous ne confirmons aucun lien de parenté », indique l’agente Catherine Bernard, de la SQ.

Rien n’indique que cet évènement serait lié au meurtre de Longueuil, explique l’agente Hélène Saint-Pierre, porte-parole de la SQ. Il ne s’agit pas d’une riposte aux évènements de lundi, indiquent nos sources policières.

Selon nos informations, une autre personne se trouvait dans le logement. Elle n’a pas été blessée.

Joas Jean-Baptiste avait plusieurs antécédents judiciaires liés au trafic de drogues. Le trentenaire gravitait autour des gangs de rue d’allégeance bleue, indiquent des sources policières et criminelles.

Plus d’effectifs et de visibilité, exige la Fraternité

Alors que les fusillades se multiplient dans la métropole et ses environs, les effectifs policiers demeurent insuffisants, déplore la Fraternité des policiers et policières de Montréal dans un communiqué publié jeudi matin. « Des effectifs insuffisants mènent à un sentiment d’impunité. […] La perception par les criminels qu’ils seront arrêtés représente la meilleure dissuasion. Cette dissuasion passe par l’augmentation de la patrouille et de la visibilité. »

La création d’une équipe intégrée pour lutter contre le trafic des armes représente un réaménagement des effectifs et non un ajout, souligne la Fraternité. « Le problème interpelle les trois ordres de gouvernement, mais c’est la Ville qui contrôle la capacité du SPVM à augmenter la fréquence des patrouilles en embauchant les policiers nécessaires au maintien de la sécurité des Montréalaises et des Montréalais », signale Yves Francœur, président de la Fraternité.

Dans le dernier rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal, on indique des carences dans le budget du corps policier montréalais. « Le SPVM est un exemple d’une unité d’affaires à déficit récurrent par rapport au budget alloué. Son budget global est sous-financé systématiquement, attribuable à la sous-évaluation de la rémunération. »

Avec Daniel Renaud, La Presse