Cellulaire et cigarette électronique, même combat. On peut être mis à l’amende pour avoir vapoté au volant si l’appareil inclut un écran indicateur, vient de décider la justice.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Un Montréalais vient d’avoir le désagréable honneur de faire l’objet de l’un des premiers jugements en ce sens, à la mi-juin, à la cour municipale de Montréal.

Jean-Maxime Nicolo conduisait sa voiture sur le boulevard Crémazie, à l’automne 2018, lorsqu’il a été intercepté par des policiers qui croyaient l’avoir surpris avec un cellulaire en main. Il a été mis à l’amende.

M. Nicolo a contesté sa contravention, plaidant qu’il n’avait pas de cellulaire en main, mais seulement sa vapoteuse.

Le juge Randall Richmond l’a cru. « Le témoignage du défendeur est suffisamment crédible pour être retenu », a-t-il écrit dans sa décision.

Mais l’automobiliste n’a pas pu pousser un soupir de soulagement pour autant.

« Un écran lumineux » qui pose problème

« Même une vapoteuse peut être une distraction au volant, si elle comporte un écran lumineux affichant des informations et des boutons de réglage à manipuler », a décidé le magistrat. Le Code de la sécurité routière interdit en effet les cellulaires au volant, mais aussi « de faire usage d’un écran d’affichage » – sauf quelques exceptions.

Il faut dire que M. Nicolo ne se contentait pas d’aspirer la vapeur de son appareil. « Je jouais avec les réglages […], j’ajustais le voltage et la température […], je fumais par intervalles », a-t-il déclaré à l’audience.

Le fait qu’il regarde ou pas l’écran de sa vapoteuse pendant ces manipulations n’y change rien.

L’infraction au Code de la sécurité routière « n’exige pas de regarder un écran », a écrit le juge. « C’est le fait de faire usage de l’appareil qui constitue l’infraction. N’oublions pas que l’usage des téléphones cellulaires au volant était interdit bien avant l’arrivée des téléphones intelligents avec écrans tactiles. »