Un pistolet semi-automatique trouvé chez Marie-Josée Viau et Guy Dion à l’été 2019 était fonctionnel et similaire à deux autres armes de poing découvertes parmi un véritable arsenal saisi par les policiers cinq semaines plus tôt à Laval.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

C’est ce qu’un expert en balistique a raconté mardi au procès devant jury du couple Viau et Dion, accusé d’avoir comploté et participé aux meurtres de Vincenzo et Giuseppe Falduto.

Selon la théorie de la poursuite, les deux frères ont été assassinés par un tueur à gages de la mafia devenu taupe pour la police sur le terrain du couple, à Saint-Jude, près de Saint-Hyacinthe, le 30 juin 2016. Après les meurtres, Viau et Dion auraient brûlé les corps et fait disparaître toute trace du crime.

Lors de l’arrestation du couple en octobre 2019, les enquêteurs des Crimes contre la personne de la Sûreté du Québec ont retrouvé dans sa maison, dans un petit-coffre-fort, un pistolet de calibre 22 à autorisation restreinte dont le canon avait été fileté, de façon à ce qu’un silencieux, par exemple, puisse y être fixé.

Or, cinq semaines plus tôt, les enquêteurs avaient saisi un véritable arsenal dans un entrepôt à Laval. Parmi cet arsenal figuraient deux pistolets similaires décrits par l’expert en balistique judiciaire Érik Hudon.

« À l’origine, la carcasse était une arme à air comprimé de fabrication taïwanaise qui tirait des projectiles sphériques avec des capsules de CO2. C’est une arme en vente libre. Elle tire à une vitesse de 300 à 400 pieds par seconde et peut être achetée dans un magasin de sport. »

« La glissière et le canon ont été achetés séparément. Ils sont de calibre 22 long rifle et proviennent de vraies armes à feu qui tirent des projectiles à poudre. Des pièces ont dû être meulées pour adapter la glissière. Cela a donné un pistolet de calibre 22 semi-automatique », a expliqué M. Hudon.

Ce dernier a ajouté avoir tiré deux projectiles avec le pistolet trouvé chez Marie-Josée Viau et Guy Dion, et dit que l’arme était fonctionnelle. Le pistolet n’affichait pas de numéro de série.

M. Hudon a également expertisé plus de 30 armes à feu et 35 dispositifs prohibés – chargeurs et silencieux – trouvés dans l’entrepôt de Laval en septembre 2019 et conclu qu’aucun de ces articles n’était relié à un dossier faisant l’objet d’une enquête.

Pas de sang trouvé

Par ailleurs, Dominic Granger, spécialiste en biologie judiciaire du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec, a annoncé mardi au jury que les analyses des substances biologiques retrouvées dans le garage du couple Viau-Dion le jour de son arrestation n’avaient pas permis de déceler la présence de sang, ni d’identifier un profil d’ADN.

« La recherche de sang est non concluante. Cela veut dire qu’on ne le sait pas. Je ne suis pas capable de confirmer qu’il y a du sang et je suis incapable d’infirmer qu’il n’y en a pas », a dit Mme Granger.

La procureure MIsabelle Poulin a toutefois demandé à la spécialiste s’il se pouvait que du nettoyage effectué notamment avec de l’eau de javel ait pu causer un tel résultat.

« Ça pourrait. Ça dépend de la concentration. S’il y a beaucoup, beaucoup d’eau de javel et plusieurs lavages, il n’en restera pas », a expliqué l’experte en biologie judiciaire.

Le procès fait relâche durant quelques jours et reprendra devant jury le lundi 5 juillet prochain.

Le juge Éric Downs, de la Cour supérieure, a annoncé aux jurés qu’à compter de cette date, le rythme du procès « sera très soutenu ».

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.