Des fouilles et recherches aussi intenses que méticuleuses ont été effectuées en octobre 2019 sur le terrain du couple de Saint-Jude accusé des meurtres des frères Giuseppe et Vincenzo Falduto mais selon ce qu’on sait pour le moment, les résultats sont mitigés.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

C’est du moins ce qu’a pu constater le jury au procès de Marie-Josée Viau et de Guy Dion, après avoir entendu le témoignage d’une policière de la Sûreté du Québec, technicienne en scène de crime, qui a participé aux recherches sur le terrain du couple, le jour de son arrestation, les 16 et 17 octobre 2019.

Selon la théorie de la Poursuite, Vincenzo et Giuseppe Falduto ont été tués le 30 juin 2016 dans le garage de Marie-Josée Viau et de Guy Dion par un tueur à gages à la solde de la mafia devenu collaborateur avec la police, en présence d’un individu dont le pseudonyme sur son téléphone prépayé était Brad Pitt.

Jeudi, au jour 6 du procès, la technicienne en scène de crime Mélanie Marcoux a raconté qu’elle et des collègues ont d’abord soumis au détecteur de métal une longue entrée de gravier allant du garage au rang Salvail sud.

Chaque technicien tenait un détecteur de métal, à trois ou cinq centimètres du sol, et devait longer un corridor délimité par une corde qui avançait au fur-et-à-mesure de leur progression.

« Le détecteur émet un avertissement sonore lorsqu’il détecte du métal. Lorsqu’il y avait un effet sonore, on prenait de petites pelles à jardinage et on creusait à l’endroit indiqué pour trouver l’objet. J’ai trouvé de la monnaie et un gros anneau de 2-3 pouces tout rouillé », a raconté la policière.

Celle-ci et des collègues ont ensuite passé au tamis un tas de terre et de sable qui se trouvait à proximité d’un foyer extérieur, à l’avant de la maison.

Ils ont fait la même chose avec les cendres refroidies qui se trouvaient dans le foyer et des cendres encore chaudes qui reposaient au fond d’un baril.

« Il y avait plusieurs morceaux de métal, genre des alliages, mais rien qui ressemblait à un projectile ou à un autre truc d’intérêt », a poursuivi Mélanie Marcoux.

Avec l’aide d’une pelle mécanique, les policiers ont ensuite creusé à l’endroit où se trouvait le foyer. À chaque pelletée, la terre était déposée au sol. Les policiers utilisaient ensuite des pelles à jardin pour déposer la terre dans leurs tamis. « Négatif », a dit Mélanie Marcoux, un mot qu’elle a répété durant son témoignage.

Les policiers ont quitté l’endroit à 00 h 05 et sont revenus le lendemain matin à 9 h, pour s’attaquer au garage.

Scruté à la lumière blanche

« On a commencé à faire recherches avec ce qu’on appelle la lumière blanche pour voir s’il n’y avait pas des choses visibles à l’œil nu sur le plancher. La lumière blanche donne une lumière pure et les meilleures conditions d’éclairage. On a utilisé la technique du rasage, c’est-à-dire tenir la lumière blanche en inclinaison par rapport à la surface. Cela nous permet de mieux voir de petits objets qui pourraient se retrouver sur la surface et que nous ne verrions pas si nous étions debout », a-t-elle expliqué.

La lumière blanche n’a rien donné, pas plus que l’examen au détecteur de métal d’un tas de feuilles mortes et autres débris qui jonchaient le sol, dans le garage.

Mme Marcoux a toutefois confirmé la découverte de substances biologiques à deux endroits sur le plancher, dont on ne sait toujours pas s’il s’agit de sang ou non.

La policière a également confirmé la découverte d’une substance biologique sur un balai trouvé dans le garage et a précisé que des analyses ont aussi été faites sur trois pelles, deux masses, un pied-de-biche, un brise-glace, des gants et la boite qui contenait ceux-ci, « des objets qui auraient pu servir », a-t-elle dit, ajoutant que les résultats ont été négatifs.

Le juge Éric Downs de la Cour supérieure a annoncé aux jurés que le procès reprendra en leur présence mercredi prochain.

Le magistrat et les avocats avaient estimé la durée du procès à trois mois mais le juge Downs a dit aux jurés qu’il pourrait durer moins longtemps que prévu.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.