(Montréal) Des religieuses de Montréal auraient abusé de jeunes filles sourdes pendant plusieurs années, selon ce qu’allègue une demande d’autorisation d’action collective déposée mercredi devant la Cour supérieure du Québec.

La Presse Canadienne

Selon la requête, des sœurs membres de la Communauté des Sœurs de Charité de la Providence et des Sœurs de la Providence auraient maltraité des jeunes filles sourdes-muettes, leur faisant subir des sévices physiques, psychologiques et des abus sexuels.

La demande d’action collective a été déposée par la Maison des femmes sourdes de Montréal au nom d’anciennes élèves et pensionnaires de l’Institut des Sourdes-Muettes de Montréal.

« La poursuite allègue que les sœurs religieuses utilisaient le pouvoir et l’autorité leur étant conférés par la communauté religieuse pour abuser des enfants dont elles avaient la garde et leur inspirer la peur de les dénoncer », peut-on lire dans un communiqué résumant le recours.

On rapporte qu’une quarantaine de personnes se seraient confiées jusqu’ici en révélant avoir subi des sévices alors qu’elles étaient élèves ou pensionnaires à l’Institut des Sourdes-Muettes de Montréal.

La personne désignée dans la demande d’action collective était âgée d’environ six ans au moment des premiers traumatismes vécus. Elle affirme avoir été forcée de regarder des religieuses avoir des relations sexuelles devant elle.

Des sœurs lui auraient aussi fait des attouchements sexuels en lui faisant prendre son bain. D’autres gestes reprochés font état de l’utilisation d’objets religieux comme jouets sexuels lors des agressions.

Me Jessica Lelièvre, du cabinet Trudel, Johnston & Lespérance, représente la Maison des femmes sourdes de Montréal. Elle explique que la poursuite reproche deux choses aux religieuses.

« C’est, premièrement, ce que les sœurs ont fait à ces enfants-là. Tous les abus qu’elles ont commis. Et c’est aussi l’inaction des sœurs », mentionne-t-elle en ajoutant que la communauté savait ce qui se passait, mais n’aurait pas agi pour faire cesser les sévices.

Ainsi, la Maison des femmes sourdes de Montréal réclame d’une part une compensation pour le préjudice subi, et, d’autre part des dommages punitifs puisque la communauté n’aurait rien fait, affirme-t-on.

Me Lelièvre invite toute personne ayant été victime d’abus similaires à communiquer avec la Maison des femmes sourdes de Montréal ou avec le cabinet d’avocats Trudel Johnston & Lespérance.

D’après les informations contenues dans la requête judiciaire, l’Institution des Sourdes-Muettes de Montréal a été constituée en corporation le 15 juin 1961 et aurait fermé ses portes en 1975 au moment où le gouvernement du Québec a repris le contrôle du système d’enseignement.

Les faits reprochés n’ont pas encore été démontrés en cour.