Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sollicite l’aide de la population afin de résoudre une vaste enquête sur un groupe « impliquant des milliers d’individus » qui a partagé des photos intimes de jeunes femmes sans leur consentement, via la plateforme Telegram la semaine dernière.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Un groupe impliquant des milliers d’individus a partagé via la plateforme Telegram, des images intimes de jeunes femmes obtenues de façon non consensuelle. Mis au fait de la situation, le SPVM a ouvert une enquête sans attendre, pour faire la lumière sur la situation », indique le corps policier dans un bref communiqué paru vendredi matin.

Cette enquête est menée de concert avec la Sûreté du Québec et le Service de police de Laval (SPL), précise-t-on également.

Début mai, le Journal de Montréal avait révélé l’existence du groupe en question, qui rassemblait déjà plus de 3200 participants, relayant « sans aucune retenue » des vidéos et des photos à caractère sexuel de plusieurs femmes.

Mercredi, La Presse rapportait aussi le cas de la jeune militante féministe Éloïse Marinier, qui a fait entendre son indignation au sujet de cette affaire dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. « Toute cette misogynie, c’était comme un coup de poing au visage. Je me suis dit : il faut que j’en parle ! Il faut qu’il se passe quelque chose », a-t-elle expliqué plus tôt cette semaine.

La situation lui est apparue d’autant plus choquante que les jeunes femmes qui ont voulu dénoncer la chose à la police ont rapporté dans un premier temps avoir été mal accueillies par le SPVM. « Je trouvais ça inacceptable. Ça m’a vraiment choquée. »

Toute personne détenant des informations pertinentes dans cette affaire est priée de communiquer avec le centre Info-Crime Montréal, au 514-393-1133 ou via son site web, ou encore avec le 911 et son poste de quartier. Un traitement confidentiel et anonyme peut être assuré. « Un suivi rigoureux est fait pour chaque signalement. Quant à l’accompagnement des victimes, il est prioritaire et assuré avec beaucoup de sérieux », indiquent à ce sujet les autorités.

Des récompenses allant jusqu’à 2000 $ peuvent d’ailleurs être offertes pour des informations « menant à l’arrestation de suspects », sous certaines conditions.