(Longueuil) Les victimes de l’ex-policier François Lamarre, décédé en juillet dernier à l’âge de 71 ans, pourront finalement être entendues par la justice.

Pierre Saint-Arnaud La Presse Canadienne

Le juge Pierre Gagnon, de la Cour supérieure, autorise l’action collective demandée par ses victimes d’agression sexuelle, qui réclament près de 11 millions à sa succession, mais surtout à la Ville de Longueuil.

« On est vraiment contents et on peut parler d’une victoire éclatante et importante surtout, maintenant que le juge a reconnu que ça pouvait aller de l’avant comme une action collective », a déclaré l’avocat Pierre Boivin, lorsque rejoint par La Presse Canadienne.

L’action collective, qui est portée au nom d’une des victimes, John Cormier, pourrait regrouper « des centaines » de victimes du présumé prédateur sexuel, qui aurait sévi de 1970 à 2000 environ alors qu’il était entraîneur de hockey à la Ville de Greenfield Park, sur la Rive-Sud de Montréal. Cette municipalité a depuis été fusionnée à Longueuil, qui a hérité du même coup de ses obligations légales.

« Le problème avec François Lamarre, c’est que pendant trois décennies, il a pu agresser impunément de manière systématique plein d’enfants au vu et au su de tout le monde et que personne n’a réagi, malheureusement, du côté de la Ville de Greenfield Park », a déploré Me Boivin.

« On n’avait pas de mécanisme pour s’assurer que François Lamarre n’était pas un pédophile, n’était pas un agresseur d’enfants, et on n’a pas mis en place de mécanismes pour prévenir ces agressions », a-t-il ajouté.

Accusé, mais mort avant son procès

Selon Me Boivin, ce sont des centaines de jeunes qui auraient subi les sévices de M. Lamarre, un ex-policier du Service de police de la Ville de Montréal, qui était en attente de procès pour neuf accusations de nature sexuelle. Il avait été arrêté en décembre 2019 et avait comparu au palais de justice de Longueuil sous des accusations d’agression sexuelle, de grossière indécence, d’attentat à la pudeur, d’avoir touché une partie du corps d’une personne de moins de 14 ans à des fins sexuelles et d’avoir invité, engagé ou incité une personne de moins de 14 ans à le toucher à des fins sexuelles. Les crimes qu’on lui reprochait auraient été commis entre 1972 et 1997 contre quatre garçons âgés à l’époque de 9 à 16 ans, au domicile de l’accusé, dans sa voiture et dans des arénas.

François Lamarre avait pris sa retraite du Service de police de la Ville de Montréal en 1994.

Les obligations de la Ville de Longueuil restent à être déterminées, celle-ci cherchant à réduire le groupe de personnes admissibles à l’action collective.

« La Ville suggérait que les membres qui puissent poursuivre dans le cadre de l’action collective soient seulement ceux qui auraient été membres des équipes de hockey de M. Lamarre », a précisé l’avocat.

Or, dans le procès intenté contre lui, certaines des victimes présumées n’étaient pas membres des équipes dont il était l’entraîneur, mais bien des enfants vivant dans le même quartier que lui.

Aucune date n’a encore été déterminée pour l’audition de la cause.