Un individu reconnu coupable d’avoir eu en sa possession un revolver chargé et qui n’a pas encore 30 ans s’est vu imposer mardi après-midi au palais de justice de Montréal une huitième ordonnance lui interdisant de posséder une arme à feu.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Soulignant dans son jugement ces ordonnances brisées à répétition depuis son plus jeune âge, le juge André Perreault de la Cour du Québec a condamné Faouzi Harmali à six ans de pénitencier, soit cinq ans pour la possession d’une arme prohibée et un an consécutif pour ne pas avoir respecté une autre interdiction de posséder une arme à feu.

Harmali est détenu depuis le 13 août 2019. En soustrayant la période passée en détention préventive, calculée en temps et demi, il lui reste 45 mois à purger à compter de ce jour.

La poursuite, assurée par Me Éric Poudrier, avait demandé six ans et la Défense, représentée par MGunar Dubé, 36 mois.

C’est une enquête sur une tentative de meurtre commise durant l’été 2019 contre le chef de gang Arsène Mompoint – qui aurait eu un contrat sur sa tête – qui a mené les enquêteurs du SPVM sur la piste d’Harmali, selon ce que l’un d’eux a raconté durant l’audience sur remise en liberté de ce dernier.

Les enquêteurs ont intercepté une voiture dans laquelle se trouvait Harmali et découvert dans celle-ci le revolver chargé.

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Le revolver chargé trouvé dans la voiture de Faouzi Harmali le 13 août 2019.

Faouzi venait de sortir de prison depuis moins d’un mois et était sous le coup d’une autre ordonnance d’interdiction de posséder une arme à feu et d’une période de probation.

Il a été accusé de possession d’une arme prohibée et de bris d’ordonnance – mais pas de tentative de meurtre contre Arsène Mompoint – et a été reconnu coupable à l’issue d’un procès.

Durant celui-ci, un enquêteur de l’Équipe nationale de soutien à l’application de la Loi sur les armes à feu (ENSALA) de la Gendarmerie royale du Canada a témoigné sur la hausse du nombre d’évènements de coups de feu – et la plus grande intensité de ceux-ci – survenus à Montréal depuis 2018.

Sans vouloir attribuer à Harmali l’augmentation du nombre d’évènements de coups de feu dans la métropole québécoise, le juge Perreault a souligné cette situation, « qu’il y a lieu maintenant de comparer à ce que vit Toronto depuis 10-15 ans », a-t-il dit, et a insisté sur la dangerosité des armes à feu.

« Les armes à feu sont dangereuses, particulièrement les armes de poing. Les armes de poing chargées le sont encore plus. Une arme de poing chargée qui circule en public démontre que la personne qui la possède est prête soit à tirer sur un autre être humain avec, soit à intimider les gens avec. Cette personne est dangereuse pour les membres de la communauté, pour les passants innocents, y compris les enfants, et pour les membres des forces de l’ordre », a notamment déclaré le juge Perreault.

Le magistrat a dit que l’un des objectifs de la peine devait être « d’isoler, puisqu’il y a besoin, M. Harmali du reste de la société ». Il a aussi énuméré une à une les nombreuses fois où Harmali a brisé ses interdictions de posséder une arme et ajouté que « rien ne permet au Tribunal de se raccrocher à une quelconque raison de chercher à favoriser la réinsertion de M. Harmali ».

« Merci beaucoup M. le juge. Vous avez rejeté deux de mes requêtes et là, vous me condamnez à six ans. Je ne sais pas ce que je vous ai fait. C’est de l’abus », a déclaré, furieux, Harmali, se risquant même de donner un âge au magistrat.

« Vous êtes des racistes man », a-t-il conclu de la salle de la prison dans laquelle l’audience lui a été transmise par vidéo, avant que le juge demande la fin de la transmission.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.