Le leader du mouvement antimasque Mario Roy a été arrêté mercredi, puis libéré contre promesse de comparaître, en lien avec le blocage du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine auquel il aurait participé le 13 mars en marge d’une manifestation contre les mesures sanitaires.

Tristan Péloquin
Tristan Péloquin La Presse

L’évènement, survenu après une marche qui s’était déroulée au centre-ville de Montréal, a déclenché une enquête de la Sûreté du Québec (SQ). « L’enquête se poursuit et beaucoup d’autres rencontres sont prévues », a indiqué la porte-parole de la SQ, Audrey-Anne Bilodeau.

La SQ confirme qu’un homme de 49 ans a été arrêté et pourrait faire face à des accusations de méfait. Selon nos informations, il s’agit de M. Roy.

Mario Roy et un groupe d’opposants aux mesures sanitaires, qui se fait appeler les Farfadaas, se trouvaient à bord de véhicules qui se sont immobilisés au milieu du tunnel, le 13 mars vers 18 h 30, bloquant les trois voies en signe de protestation contre les mesures sanitaires et la « violence policière ».

En colère avec un marteau

L’affaire a failli mal tourner lorsqu’un homme qui s’était retrouvé coincé à l’arrière du convoi est sorti de son véhicule avec un marteau et a frappé sur trois des véhicules qui bloquaient le tunnel.

Plusieurs vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrent Mario Roy qui est sorti d’un des véhicules, téléphone à la main, et qui filme l’homme au marteau en le menaçant d’accusations d’agression armée. D’autres personnes qui portent des chandails « Fuck Legault » s’en prennent alors verbalement à l’homme et le filment, alors qu’il semble retourner à son véhicule.

Selon nos informations, cet homme se serait présenté lui-même à un poste de la SQ le surlendemain pour faire une déposition. Il n’a pas été accusé à ce jour.

M. Roy n’a quant à lui pas donné suite à nos appels mercredi.

Mario Roy se dit victime d’une « filature »

La semaine dernière, en marge d’un procès qu’il subissait pour outrage au tribunal en Cour supérieure, M. Roy a affirmé que lors du blocage du tunnel, il était « sous filature » d’un groupe de « gauche radicale », dont un des membres l’a menacé de mort sur son téléphone peu avant 16 h. « On avait une filature officielle, parce que j’étais supposé me faire tuer avant le 15 mars », a avancé M. Roy.

« Est-ce que ça, c’était pour m’empêcher de dormir et de préparer ma défense en vue de mon procès [pour outrage] qui commençait ? Les coups bas du Barreau du Québec depuis le début, toute la preuve que j’avance concernant le Barreau… Je suis convaincu qu’ils me filaient moi, parce que je suis une cible », a-t-il ajouté.

Le Barreau n’a pas voulu réagir à ces allégations de M. Roy.

La SQ souligne que toute personne qui bloque un pont ou un tunnel « peut s’exposer à des accusations d’intimidation en vertu de l’article 423 du Code criminel », qui interdit spécifiquement de « bloquer ou obstruer une grande route ».

Mario Roy doit comparaître la semaine prochaine au palais de justice de Montréal pour des accusations d’intimidation et de harcèlement à l’égard de l’avocate du Barreau responsable des enquêtes sur la pratique illégale du métier d’avocat.

Il est aussi en attente d’un jugement du juge André Vincent pour quatre chefs d’accusation d’outrage au tribunal, en lien avec la violation présumée d’une ordonnance lui interdisant de faire ou prétendre faire des actes réservés aux avocats. Ce jugement devrait être rendu au cours des prochains jours.