Jean-Yves Lajoie a été formellement accusé mercredi du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Nancy Roy, commis mardi dans un édifice résidentiel situé au centre-ville de Saint-Hyacinthe. La suite des procédures a été reportée à la mi-mars dans son dossier.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

C’est ce que révèle l’acte d’accusation obtenu par La Presse, en fin de matinée. M. Lajoie a brièvement comparu mercredi après-midi par visioconférence, au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Les procédures ont toutefois été reportées au 12 mars prochain, à 9 h 30, car la défense n’avait pas encore pris connaissance de la preuve.

« Ma collègue va me rendre la preuve disponible aujourd’hui. J’ai expliqué à mon client que je vais d’abord devoir en prendre connaissance. Comme il a une quarantaine de deux semaines, je préfère que sa quarantaine se termine avant qu’on se rencontre », a indiqué son avocat, MMarc-André Gauthier.

Rappelons que les personnes nouvellement incarcérées doivent se soumettre à un isolement de 14 jours, afin d’éviter toute forme de transmission de la COVID-19 au sein des établissements. L’homme de 57 ans, qui n’a aucuns antécédents judiciaires, avait déjà brièvement comparu par téléphone, mardi en soirée. Pour le moment, il demeurera détenu jusqu’à sa prochaine date d’audience, à l’établissement de Sorel-Tracy.

Un long interrogatoire

Mardi, l’accusé avait également été interrogé durant une bonne partie de l’après-midi et de la soirée par des agents de la Division des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec. Celle-ci assure avoir des « motifs raisonnables » de croire que Jean-Yves Lajoie « a causé la mort de Nancy Roy, commettant ainsi un meurtre au deuxième degré ».

« Cela dit, l’enquête se poursuit. Il reste encore plusieurs éléments à valider », a indiqué l’agente Valérie Beauchamp, de la Sûreté du Québec.

L’évènement initial dans cette affaire était survenu vers 8 h, mardi. Après un signalement au 911 fait par un voisin, des policiers ont été appelés à se rendre dans un immeuble résidentiel de la rue Girouard Ouest, le Grand Château, un ancien hôtel transformé au milieu des années 1970.

À leur arrivée, les agents ont trouvé la femme de 44 ans dans un état critique. « Gravement blessée », elle a alors été transportée d’urgence dans un centre hospitalier situé à proximité, où son décès a été constaté. Des « traces de violence » ont été relevées sur le corps de la victime. Une autopsie sera pratiquée pour déterminer les causes et les circonstances exactes de sa mort.

Selon nos informations, Nancy Roy aurait été poignardée. L’homme et la victime formaient un couple, mais ils n’habitaient pas à la même adresse. D’après nos sources, le couple avait des querelles fréquentes. Les évènements d’hier seraient d’ailleurs survenus lors d’une dispute.

Tous les locataires de l’immeuble résidentiel ont quant à eux été interrogés afin de déterminer s’ils détiendraient une information pertinente. En plus des nombreux effectifs qui ont été envoyés sur place, le Service de l’identité judiciaire a également été demandé en assistance.

Une douzaine de femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint chaque année au Québec. En décembre, un rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale, produit par le Bureau du coroner, démontrait que plusieurs facteurs de risque étaient souvent mal perçus ou interprétés dans des cas similaires.

Avec Louis-Samuel Perron