Une femme dans la quarantaine a été victime d’un meurtre à Saint-Hyacinthe, mardi matin. Selon nos informations, elle aurait été poignardée par son conjoint, dans un édifice résidentiel. Les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) interrogeront un homme dans cette affaire.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Après avoir reçu l’autorisation du coroner, nous sommes en mesure de confirmer que Nancy Roy, 44 ans, est malheureusement décédée de ses blessures », a indiqué à La Presse une porte-parole du corps policier, Aurélie Guindon, en milieu d’après-midi.

L’évènement initial est survenu vers 8 h, mardi. Après un signalement au 911 fait par un voisin, des policiers ont été appelés à se rendre dans un édifice résidentiel de la rue Girouard Ouest, dans le centre-ville de Saint-Hyacinthe. Le drame est survenu dans un immeuble appelé Le Grand Château. Ce dernier est un ancien hôtel, qui a ouvert ses portes à la fin du XIXe siècle, mais qui a été transformé en immeuble de logements il y a déjà plusieurs décennies, au milieu des années 70.

À leur arrivée, les agents ont trouvé la femme dans un état critique. « Gravement blessée », elle a alors été transportée d’urgence dans un centre hospitalier situé à proximité, où son décès a été constaté.

Des « traces de violence » ont été relevées sur le corps de la victime. Une autopsie sera effectuée pour déterminer les causes et les circonstances exactes de sa mort.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Un homme interpellé

Un homme de 57 ans, Jean-Yves Lajoie, a été interpellé par les policiers dans la foulée de l’intervention, a pu confirmer La Presse. Il sera interrogé par des agents de la Division des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec.

Celle-ci considère formellement le dossier comme un « homicide », et des accusations pourraient prochainement être déposées en ce sens. Lajoie n’a toutefois aucun antécédent judiciaire.

Si l’homme et la victime formaient un couple, ils n’habitaient toutefois pas à la même adresse. Jointe au téléphone, la concierge de l’immeuble a confirmé qu’elle était sur place à l’arrivée des policiers, mais n’a pas souhaité réagir pour le moment, préférant laisser les autorités faire leur travail. « Comme l’enquête n’est pas terminée, les policiers m’ont demandé d’attendre », a-t-elle simplement réagi. « Nos policiers se sont aussi entretenus avec des témoins potentiels et poursuivront leur enquête », a quant à elle indiqué Mme Guindon, de la Sûreté du Québec.

Tous les locataires de l’immeuble ont notamment été interrogés, afin de déterminer s’ils détiendraient une information pertinente. En plus des nombreux effectifs qui ont été envoyés sur place, le Service de l’identité judiciaire a également été demandé en assistance.

Une « série noire » qui s’amorce

Pour la directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF), Manon Monastesse, l’homicide survenu à Saint-Hyacinthe illustre de nouveau l’urgence de mieux intervenir dans les milieux. « On est rendus à trois homicides en une semaine. Ça fait beaucoup », illustre-t-elle, en parlant du meurtre d’Elisapee Angma, à Kuujjuaq, et du corps d’une femme dans la trentaine retrouvé le week-end dernier dans le stationnement d’un immeuble de condos, à Laval.

On voit une espèce de série noire qui s’amorce. Et on espère toujours que ça ne va pas durer très longtemps.

Manon Monastesse, directrice de la FMHF

Elle affirme que le déconfinement est un enjeu à suivre en matière de violence conjugale. « Dans un sens, le confinement a protégé les femmes violentées d’un homicide, puisque le conjoint violent ne va souvent à l’extrême que quand il sent qu’il perd le contrôle. Là, on arrive à un certain niveau de déconfinement. Je me demande si ça aura un impact », explique-t-elle.

Bon an, mal an, environ 12 femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint au Québec. En décembre, un rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale, produit par le Bureau du coroner, démontrait que plusieurs facteurs de risque sont régulièrement mal perçus dans des cas similaires. « Il y a très souvent des drapeaux rouges que personne n’avait vus avant. C’est comme si, trop souvent, on comprend mal la dynamique de la violence conjugale », conclut la DG.