Un peu plus d’une centaine de personnes se sont réunies pour dénoncer la violence par armes à feu qui secoue le nord-est de Montréal depuis quelques semaines, dont la fusillade qui a coûté la vie à la jeune Meriem Boundaoui.

Mis à jour le 14 févr. 2021
Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

La famille de la défunte était déjà retournée sur les lieux de la fusillade mortelle pour se recueillir jeudi dernier.

PHOTO FOURNIE PAR SAMIR BOUCHOUL

Meriem Boundaoui, en 2020

Mais la centaine de personnes présentes à l’intersection des rues Valdombre et Jean-Talon Est souhaitent que le sort tragique de Meriem Boundaoui, 15 ans, ne tombe pas dans l’oubli. Plusieurs ont versé quelques larmes, déposé des fleurs et écrit un court message d’adieu près de son portrait, installé sur une table le temps de la commémoration.

La foule dénonçait notamment la facilité avec laquelle des armes à feu se retrouvent entre les mains de jeunes à peine sortis de l’adolescence.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Outre quelques prières chuchotées discrètement et une minute de silence observée en hommage à la victime, des jeunes et des intervenants communautaires ont pris la parole sur la flambée de violence des dernières semaines. Ils espèrent que leurs voix seront entendues et exigent des mesures concrètes mises en place à long terme pour éviter un autre drame.

« Une balle perdue ne reconnaît ni la couleur ni l’âge. On ne veut pas que ça devienne banal qu’une ado perde la vie », a dit au micro l’un des organisateurs de l’évènement. Il espère que ce rassemblement déclenchera une véritable réflexion sur l’aberrante facilité avec laquelle certains se procurent des armes à feu.

« Agissez, s’il vous plaît », a-t-il clamé à l’attention de la classe politique.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

« Les jeunes qui quittent l’Algérie pour leurs études ne s’attendent pas à mourir dans la violence. La société a-t-elle sa part de responsabilité ? Comment se fait-il qu’on échappe des jeunes qui se tournent vers la criminalité et se procurent des pistolets ? » s’interroge Lysa Bélaïcha, 21 ans, de Longueuil. Elle a livré un émouvant plaidoyer destiné aux personnes présentes et à la famille.

« Elle aurait pu être ma petite sœur. [Le meurtre de Meriem] a choqué tout le monde. Le message doit passer à long terme. On ne veut pas seulement des initiatives temporaires », estime Azoul Abdallah, un jeune du quartier.

La mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et responsable de la sécurité publique de Montréal, Caroline Bourgeois, a assisté au rassemblement et offert ses condoléances à la famille de Meriem Boundaoui.

Abdelhaq Sari, conseiller de ville au district Marie Clarac à Montréal-Nord, et Frantz Benjamin, député libéral de Viau, sont également venus faire part de leurs préoccupations au sujet de la banalisation des armes à feu.

La dépouille de Meriem Boundaoui a été rapatriée dans son Algérie natale, où une cérémonie se tiendra mardi.