La Couronne ne perd pas espoir de faire condamner Ugo Fredette à la prison à vie sans possibilité de libération avant 50 ans. Le ministère public a porté en appel la peine du meurtrier de Véronique Barbe et Yvon Lacasse au cas où la Cour suprême déclarerait valide les peines consécutives pour meurtre.

Publié le 8 févr. 2021
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

La juge Myriam Lachance a condamné Ugo Fredette à purger au moins 25 ans de prison avant d’être admissible à la libération conditionnelle, le 8 janvier dernier, au palais de justice de Saint-Jérôme. Dans les faits, la juge était tenue de respecter la décision de la Cour d’appel rendue en novembre dernier dans le dossier du tueur de la mosquée de Québec.

Dans le dossier d’Alexandre Bissonnette, le plus haut tribunal de la province a réduit de 40 à 25 ans la période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle du meurtrier. La Cour d’appel a ainsi déclaré invalide et inconstitutionnelle la loi permettant d’imposer des peines consécutives pour plusieurs meurtres (Loi protégeant les Canadiens en mettant fin aux peines au rabais en cas de meurtres multiples).

Or, le Procureur général du Québec (PGQ) et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ont interjeté appel de cette décision devant la Cour suprême du Canada le mois dernier. Le plus haut tribunal du pays pourrait ainsi accepter d’entendre l’appel de ce jugement qui, rappelons-le, ne s’applique qu’au Québec.

Dans un avis d’appel déposé le 4 février dernier, le PGQ et le DPCP soutiennent qu’une période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle de 50 ans serait « juste et approprié » pour Ugo Fredette « dans la mesure où la Cour suprême accorde la demande d’autorisation d’appel et infirme par la suite la déclaration d’invalidité de l’article 74551 ».

Ugo Fredette a assassiné sa conjointe Véronique Barbe à coups de couteau le 14 septembre 2017, dans leur résidence de Saint-Eustache. Une scène d’horreur dont deux enfants ont été témoins, au moins en partie. Un meurtre commis dans un contexte de violence conjugale et de séparation.

Recherché dans le cadre de la plus longue alerte AMBER de la province à l’époque, Ugo Fredette a battu à mort Yvon Lacasse à une halte routière de Lachute pour lui voler son véhicule. Le meurtrier a finalement été arrêté le lendemain en Ontario, alors qu’il utilisait un jeune enfant comme bouclier humain devant les policiers.

MSteve Baribeau et MAlexis Marcotte-Bélanger représentent le ministère public, alors que MLouis-Alexandre Martin et MPhilippe Comtois défendent Ugo Fredette. Notons que ce dernier a fait appel du verdict de culpabilité sur les deux chefs de meurtre en novembre 2019.