La famille de Bony Jean-Pierre, qui est mort lors d’une intervention policière en 2016, croit que sa mort aurait pu être évitée si l’agent du Service de police de la Ville de Montréal, Christian Gilbert « avait agi de manière sensée et raisonnable ».

Publié le 6 févr. 2021
Antoine Trussart
Antoine Trussart La Presse

« La manœuvre de Bony Jean-Pierre ne constituait pas un danger grave pour les policiers ou les citoyens, et ne justifiait surtout pas le tir à la tête qui a suivi, représentant une manifestation évidente d’une force excessive de la part de l’officier Gilbert », a déclaré la famille de Bony Jean-Pierre par communiqué samedi.

L’après-midi du 31 mars 2016, lors d’une opération policière rue Arthur-Chevrier, M. Gilbert était posté devant la façade de l’immeuble avec une arme intermédiaire tirant des projectiles de polymère, lorsque ses collègues ont défoncé la porte intérieure d’un logement du premier étage à coups de bélier et lancé deux grenades assourdissantes.

Selon la preuve entendue, Bony Jean-Pierre a alors écarté le rideau de la chambre donnant sur la rue et ouvert brusquement la fenêtre. Il s’est accroupi sur le cadrage et Christian Gilbert, appréhendant la fuite de l’individu, a tiré un premier coup de semonce qui n’a pas dissuadé M. Jean-Pierre. Celui-ci a poursuivi son mouvement et le policier, qui visait la hanche, a tiré une seconde fois et atteint la victime à la tempe, alors qu’elle avait amorcé sa chute vers le sol. M. Jean-Pierre a succombé à ses blessures à l’hôpital.

La famille soutient que cette version des faits présentée au procès n’est pas conforme à celles rapportées par d’autres témoins de l’évènement.

Christian Gilbert a été acquitté cette semaine d’une accusation d’homicide involontaire.

« Cette situation envoie comme message que les décès insensés de personnes de couleur aux mains de la police continueront de se produire sans aucune conséquence », peut-on lire dans le communiqué.

La famille signale qu’elle a l’intention d’intenter une poursuite au civil, sans préciser qui serait visé par cette poursuite.

– avec Daniel Renaud, La Presse