Le meurtrier Christian Pépin a été condamné vendredi à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour avoir froidement assassiné un codétenu avec un crayon Bic. Une peine toutefois symbolique, puisque le dangereux assassin a déjà été condamné à la prison à vie pour les meurtres sordides de sa mère et de sa grand-mère.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Je l’ai tué, point final, anyway, je ne sors pas déjà, ça ne change rien », avait affirmé Christian Pépin à un agent des services correctionnels, alors qu’il était toujours au-dessus de la victime, stylo à la main. « M’a le prendre le shift, je sors plus moé. J’ai fait la job comme un grand », avait-il affirmé plus tard.

Dans les faits, ce troisième meurtre ne change en effet rien à la peine de Christian Pépin, qui demeure détenu à perpétuité tout en gardant une mince chance d’être libéré au terme de 25 années d’incarcération.

La Couronne demandait initialement d’additionner la peine de Christian Pépin pour établir à 50 ans son admissibilité à la libération conditionnelle. Or, la Cour d’appel du Québec dans le dossier d’Alexandre Bissonnette a « scellé le sort » de la demande de la Couronne, a déclaré vendredi le juge Michel Pennou. Le plus haut tribunal de la province a déclaré inconstitutionnelle cette disposition du Code criminel – une décision qui sera étudiée en Cour suprême.

En avril 2018, Christian Pépin est détenu dans l’aile psychiatrique de l’établissement Archambault. L’un de ses voisins de cellule est Keven Paillé, un criminel extrêmement violent déclaré délinquant dangereux et condamné à une peine à durée indéterminée pour avoir poignardé des quidams avec un couteau à steak.

Lorsqu’un codétenu dit à Christian Pépin que Keven Paillé est un « pédo », le meurtrier se rend dans la cellule de la victime et l’attaque avec un crayon. Keven Paillé n’est toutefois pas mort des 41 coups de crayon « Bic », mais plutôt par étranglement. Christian Pépin a d’ailleurs les mains sur le cou de la victime lorsqu’un codétenu lui dit que c’est une « joke » et que Paillé n’est pas un pédophile.

PHOTO STEPHÉNE LESSARD, ARCHIVES LE NOUVELLISTE

Keven Paillé

Après son arrestation, Christian Pépin dit à un agent correctionnel qu’il réclamait de l’aide depuis 35 jours. « Ça change quoi, ça change rien, on me voit entrer et sortir de sa cellule sur les caméras », affirme-t-il. Plus tard, Christian Pépin crie à des codétenus qu’il va « dormir sur [ses] deux oreilles » cette nuit-là.

« Je vous souhaite une amorce de guérison. » C’est ce que le juge Marc David avait déclaré un mois plus tôt en le condamnant à la prison vie pour les meurtres de sa mère et de sa grand-mère. Dans cette audience surréaliste, Christian Pépin avait menacé de mort ses proches dans la salle d’audience et avait révélé de troublants secrets de famille en vociférant. Il n’avait d’ailleurs pas caché son intention de s’en prendre à des pédophiles en prison.

Christian Pépin a poignardé sa mère, Diane Champagne, 55 ans, et sa grand-mère, Paulette Robidoux, qui souffrait d’alzheimer, le 3 décembre 2017, dans l’est de Montréal. Sa mère, avec qui il habitait, l’avait rabroué pour avoir refusé de faire le sapin de Noël familial. Il sortait d’une peine d’environ 10 ans de pénitencier pour des agressions violentes sur des inconnus et des codétenus.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Diane Champagne

MClaudia Carbonneau et MFanny Dubois-Grondin ont représenté le ministère public dans le présent dossier, alors que l’accusé était défendu par MKaven Morasse.