Un homme qui était la seule figure paternelle de sa belle-fille a été condamné à six ans d’emprisonnement pour avoir agressé sexuellement à plusieurs reprises la fillette atteinte de déficience intellectuelle. Un crime aux effets « dévastateurs » commis à l’endroit d’une enfant qu’il considérait comme sa propre fille.

Publié le 29 janv. 2021
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

La juge Nathalie Duchesneau retient ainsi dans sa décision du 21 janvier dernier les enseignements de la Cour suprême dans l’arrêt Friesen – rendu pendant la pandémie – visant à durcir les peines pour les crimes sexuels contre les enfants. Jusqu’à cet arrêt phare, ces crimes méritaient généralement moins de quatre de détention, et jusqu’à six ans dans les pires cas.

« Les peines doivent être le reflet fidèle du caractère répréhensible de la violence sexuelle faite aux enfants de même que du tort profond et continu qu’elle cause aux enfants, aux familles et à la société », écrivait l’an dernier la Cour suprême.

Dans le cas présent, les gestes « hautement répréhensibles » de l’homme de 55 ans ont traumatisé non seulement sa victime, mais également le reste de la famille. La sœur de la victime a notamment été témoin de plusieurs scènes choquantes impliquant son beau-père et sa sœur.

« C’est un sentiment de trahison totale et une énorme souffrance qui nous habite. Le beau-père de [la victime] se devait de la protéger comme le parent substitut qu’il s’était engagé à être. Il a plutôt trompé sa confiance et ma confiance en profitant d’une jeune fille qu’il savait vulnérable et facile à manipuler », a confié à la cour la mère de la victime.

Le résidant de Terrebonne a été reconnu coupable de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels en juin dernier au palais de justice de Montréal. Le pédophile a agressé sexuellement sa belle-fille à au moins quatre reprises entre 2016 et 2018. La fillette aurait subi au moins une agression avec pénétration à l’âge de 10 ans.

« Elle fait des cauchemars, elle continue d’avoir peur pour sa vie et pour la mienne. [La victime] et sa sœur manifestent de l’hypervigilance. [Elles se demandent] si je me trouve en sécurité, elles ont peur d’aller au parc », a déclaré la mère de la victime.

Le procureur de la Couronne, Me Jérôme Laflamme, réclamait ainsi sept ans de détention, alors que la défense demandait à peine trois ans.

Le pédophile doit avoir un procès en mars prochain dans une autre affaire d’agression sexuelle.