Un homme arrêté avec 216 000 $ provenant vraisemblablement de la vente de kilogrammes de cocaïne appartenant aux Hells Angels a été condamné à 18 mois de prison, mardi, au palais de justice de Montréal.

Publié le 20 janv. 2021
Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

Simon Dupuis, 46 ans, a été arrêté en septembre 2017, dans le cadre d’une enquête baptisée J-Thunder menée par les enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada du Nouveau-Brunswick, avec la collaboration de l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) de la Sûreté du Québec.

L’enquête J-Thunder a visé un réseau de trafiquants de stupéfiants qui opérait dans la région de Bathurst, dans le nord du Nouveau-Brunswick, et qui aurait relevé de l’ancien membre des Hells Angels de Québec, Emery Martin, selon un résumé des faits déposé en cour.

Martin, qui porte maintenant les couleurs des Nomads du Nouveau-Brunswick, a lui-même a été arrêté en 2018 et accusé de gangstérisme, complot et possession de cocaïne dans un but de trafic. Il est détenu depuis et est toujours en attente de procès au Nouveau-Brunswick.

Dans la gueule du loup

Alors qu’ils surveillaient la résidence de l’un des suspects au Nouveau-Brunswick le 6 septembre 2017, les enquêteurs de la GRC ont constaté l’arrivée d’un véhicule arborant une plaque d’immatriculation du Québec.

Persuadé qu’une livraison de cocaïne venait d’être effectuée, ils ont suivi le véhicule et l’ont intercepté.

Dans le véhicule, les limiers ont trouvé 216 000 $ dans un sac d’ordinateur portable déposé dans une boite de haut-parleurs.

Dupuis a reconnu que les 216 000 $ constituaient le paiement pour une livraison de cocaïne qu’il venait d’effectuer et qu’il devait apporter l’argent à une tierce partie, en sachant que cette somme provenant de la vente de la drogue.

La preuve du projet J-Thunder a également démontré que des kilogrammes de cocaïne étaient transportés au Nouveau-Brunswick par des individus associés à un hangaround des Hells Angels du Québec, qui est devenu depuis membre de la section de Montréal, toujours selon le résumé des faits.

Dupuis a plaidé coupable à des chefs de recyclage des produits de la criminalité et de recel de biens criminellement obtenus.

En le condamnant à une peine de 18 mois assortie d’une probation de deux ans, la juge Geneviève Gratton de la Cour du Québec a entériné une suggestion commune de la Poursuite et de la Défense.

« L’accusé à des antécédents significatifs, notamment en matière de possession de stupéfiants dans un but de trafic. Il s’agit d’une accusation importante et l’argent, c’est le nerf de la guerre dans la lutte contre le crime organisé. L’accusé devra maintenant faire face à ses responsabilités », a déclaré la juge Gratton, ajoutant qu’à première vue, la peine pouvait paraître clémente, mais qu’elle était adéquate.

« Ce n’est pas arrivé dans un bon moment. Je m’excuse et je vais faire de mon mieux », a dit Dupuis à la juge qui lui a demandé s’il avait quelque chose à ajouter. Un constable spécial du palais l’a ensuite menotté et escorté jusqu’au box des accusés.

À la demande de la procureure de la Poursuite fédérale, MMarie-Ève Moore, la juge a ordonné la confiscation des 216 000 $ aux profits du Procureur général du Canada.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 206-4580, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.