Le Service de police de la Ville de Montréal enquête sur des actes de vandalisme commis dans la nuit du 29 au 30 avril, dans les locaux de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, situés sur le boulevard Marcel-Laurin, près de la rue Baudet, dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

« Vers 8 h 40 le 30 avril, un appel a été fait au 911 pour des méfaits dans cet endroit. Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, ils ont constaté un bris de vitre par lequel un ou des suspects ont introduit un boyau d’arrosage — par la fenêtre — afin d’inonder les bureaux. Les dommages causés par l’eau sont importants », raconte l’agent Caroline Chevrefils du SPVM.

Un porte-parole de la CORPIQ, Hans Brouillette, n’a pas voulu épiloguer sur l’importance des dégâts. On ignore à quelle heure exactement est survenu le méfait et si l’eau a coulé durant plusieurs heures, pendant la nuit, jusqu’à ce qu’un appel soit fait au 911.

Le crime a été revendiqué par un groupe anonyme sur un site internet qui met en ligne des nouvelles et analyses « anarchistes et antiautoritaires ». Le groupe affirme avoir rendu inopérante une caméra de surveillance le soir du méfait, une information qui n’a toutefois pas été confirmée par la police.

« Il n’y avait aucun témoin. C’est arrivé dans la nuit. Des images captées par des caméras de surveillance pourraient toutefois nous permettre d’identifier des suspects », a expliqué Mme Chevrefils.

Inacceptable et intolérable

« C’est inacceptable et intolérable. On ne peut pas s’attaquer à des idées par des actes criminels. Cela démontre un manque de capacité et de créativité », a déclaré à La Presse Hans Brouillette.

Dans son communiqué, le groupe anonyme qui revendique le méfait décrit de quelle façon il s’y serait pris. La pandémie de la CODIV-19 est en toile de fond de cet acte de vandalisme fait intentionnellement la veille du premier mai, alors que les montants mensuels des loyers sont encaissés par les propriétaires.

« La pandémie met en lumière l’hostilité que réserve la CORPIQ envers les locataires. Lorsque des dizaines de milliers de gens de plus en plus précaires peinent à joindre les deux bouts, la CORPIQ exerce des pressions sur la Régie du logement pour qu’elle reprenne les audiences d’expulsion, elle encourage les proprios à exiger les loyers comme à l’habitude et cherche à miner la crédibilité des appels à une grève des loyers internationale. La CORPIQ défend la classe qui profite de notre besoin essentiel d’avoir un toit et fait en sorte que plusieurs personnes soient privées d’un logement stable et sécuritaire », écrit le groupe revendicateur dans son communiqué.

« On représente les propriétaires d’immeubles à logements, mais en même temps, on défend également les locataires. Nous sommes certains que les locataires n’approuvent pas ça », ajoute M.  Brouillette.

« Ce n’est pas ce genre d’événements qui va ébranler nos convictions et nous ne changerons pas nos approches dans les causes que nous défendons. La CORPIQ continue d’opérer. On doit continuer à offrir les services aux propriétaires », conclut-il.

« Je condamne fermement cet acte de vandalisme à l’endroit de la CORPIQ. J’invite tous les groupes, tant de propriétaires que de locataires, à dénoncer ce méfait. C’est inacceptable », a pour sa part déclaré par gazouillis hier la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca