Michel Cadotte, condamné à deux ans moins un jour pour l’homicide involontaire de sa conjointe atteinte d’alzheimer, Jocelyne Lizotte, a été renvoyé en prison il y a une semaine, parce qu’il n’aurait pas respecté ses conditions, a appris La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Après avoir purgé les huit premiers mois de sa peine, M. Cadotte, 58 ans, a obtenu sa libération conditionnelle en janvier dernier et a été envoyé en maison de transition.

Selon nos informations, du cannabis aurait été trouvé dans sa chambre et les autorités auraient appris qu’il aurait consommé de l’alcool. Michel Cadotte n’aurait ainsi pas respecté deux conditions de ne consommer ni drogue ni alcool durant la durée de sa peine.

Il est actuellement emprisonné au Centre de détention de Montréal, communément appelé Bordeaux.

Comme le veut la loi, il devrait témoigner de nouveau devant les commissaires de la Commission québécoise des libérations conditionnelles dans les 21 jours suivant sa suspension.

Les commissaires décideront alors s’ils annulent la suspension de sa libération conditionnelle en maison de transition ou s’ils la révoquent, renvoyant ainsi M. Cadotte en prison.

Étouffée avec un oreiller

C’est en 2017, dans un centre d’hébergement de soins de longue durée spécialisé (CHSLD) de l’est de Montréal, que Michel Cadotte a étouffé sa conjointe avec un oreiller, un crime qui avait alors été qualifié de « meurtre par compassion ».

Durant son procès, il a expliqué qu’il voulait mettre fin aux souffrances de sa femme, qu’il s’en est occupé durant plusieurs années à domicile avant de se décider à la placer dans un CHSLD, qu’il s’est plaint du manque de soins et qu’il a « craqué », après avoir consacré des années au bien-être quotidien de sa conjointe. Celle-ci avait 60 ans lorsqu’elle est morte.

Outre sa peine de deux ans moins un jour, Michel Cadotte a également été condamné en mai 2019 à 240 heures de travaux communautaires et à une période de probation de trois ans durant laquelle il devra garder la paix.

Dans sa décision de janvier dernier, la Commission québécoise des libérations conditionnelles a souligné que M. Cadotte a « entrepris plusieurs programmes, en plus de continuer à réfléchir aux conséquences de [ses] actes », et qu’il a eu un comportement exemplaire en prison.

« Vous êtes en mesure de purger votre peine dans un cadre moins restrictif que l’incarcération, tout en ne représentant pas un risque indu pour la société », ont notamment écrit les commissaires.

Ceux-ci lui avaient refusé sa liberté une première fois quatre mois plus tôt, en septembre 2019, notamment parce que Cadotte voulait aller vivre chez sa nouvelle conjointe plutôt que d’aller en maison de transition.

« Vous ne semblez pas parvenir à identifier les caractéristiques qui vous sont propres, qui vous ont poussé à commettre le geste reproché. Vous avez une tendance toujours présente à justifier les gestes par les manques de soins », avaient alors indiqué les commissaires aux libérations conditionnelles.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca.