Les enquêteurs des incendies criminels de la police de Laval investiguent une affaire de cocktail Molotov lancé dans la nuit de jeudi à vendredi sur une somptueuse maison, dans le quartier Sainte-Dorothée, dans l’ouest de l’île Jésus.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

L’engin incendiaire a été jeté vers 3 h 15 sur la résidence située sur la rue des Roseaux, et estimée à 1,9 million, selon l’évaluation municipale.

Selon le rôle d’évaluation, la maison appartient à la Fiducie Lion Bleu. Or, selon nos sources et maints documents judiciaires, cette résidence serait celle d’Alex Guerra, 62 ans, déjà condamné pour complot pour importation de cocaïne.

« Tout a débuté avec une alarme pour bris de verre. Les policiers se sont rendus sur les lieux et ont vu de la fumée à l’intérieur de la maison et une fenêtre brisée. Le feu s’est éteint de lui-même, et les dégâts sont mineurs », a décrit la porte-parole de la police de Laval, Évelyne Boudreault.

Le cocktail Molotov a été lancé au travers d’une fenêtre d’un passage menant au garage intérieur. Personne n’était présent dans la maison au moment du crime. Selon nos informations, les occupants seraient actuellement à l’extérieur du pays. Ils ont été joints par les policiers et leur ont dit ne pas comprendre pourquoi leur maison avait été la cible d’incendiaires.

Aucun suspect n’a encore été arrêté. De nombreuses résidences du secteur sont munies de caméras, et les policiers espèrent pouvoir visionner d’éventuelles images du crime et du (ou des) suspect qui auraient pu être captées, pour faire avancer leur enquête.

« Joueur majeur »

En 2014, Guerra a reçu une peine de quatre ans d’emprisonnement pour avoir comploté l’importation de 250 kilogrammes de cocaïne, importation qui ne s’est toutefois pas matérialisée.

Il avait été arrêté dans le cadre d’une importante enquête de la Gendarmerie royale du Canada baptisée Cynique et visant des importateurs de cocaïne et d’autres drogues.

Durant cette enquête, les limiers fédéraux ont pu compter sur les services d’un agent civil d’infiltration (ACI) qui complotait directement avec les sujets ciblés par la police.

Selon ce que l’ACI a raconté aux policiers, Guerra et un ami d’enfance également arrêté et condamné dans la foulée de l’enquête Cynique, Piero Arena, auraient été des intermédiaires qui seraient intervenus entre des fournisseurs de drogues et des acheteurs.

Il a décrit Guerra et Arena comme des « joueurs majeurs », alors impliqués dans trois projets d’importation de grosses quantités de cocaïne, de haschich et d’éphédrine.

L’ACI a dit aux policiers que Guerra lui aurait déjà raconté qu’il avait de bons contacts avec les talibans, que ceux-ci désiraient échanger de la cocaïne contre de l’éphédrine et que, pour les talibans, le trafic de cocaïne sert à l’achat d’armes, selon des documents judiciaires obtenus par La Presse.

Alex Guerra n’a aucun autre antécédent judiciaire mis à part cette peine de quatre ans reçue dans la foulée de l’enquête Cynique.

Fait à noter, durant cette enquête, l’ACI a été victime d’une tentative de meurtre par arme à feu dans le condo que la GRC lui avait fourni. Cet évènement a aidé les enquêteurs du SPVM à arrêter des meurtriers, les frères Simpson, et leur commanditaire, un ancien Hells Angels des provinces maritimes, Jeffrey Lynds.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.