Les agressions se ressemblent : la victime marche seule dans un lieu très fréquenté à Montréal, en fin d’après-midi ou en soirée. Un homme inconnu s’approche et lui assène un ou plusieurs coups à la tête avec un bâton, avant de prendre la fuite. Aucun vol n’est commis. Aucune parole n’est échangée.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

Plusieurs personnes ont reconnu des éléments familiers dans notre reportage de samedi au sujet d’une femme dans la trentaine battue à coups de bâton jeudi soir dernier près de la station de métro Beaubien.

« C’est frappant à quel point notre agression est similaire, surtout que les policiers m’ont dit qu’ils ne voyaient jamais ça », explique en entrevue Geneviève (prénom fictif), une Montréalaise qui veut garder l’anonymat pour éviter d’être identifiée par son agresseur.

Le 13 décembre dernier, Geneviève marchait dans un secteur résidentiel près de la rue Laurier Est, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, quand un homme qu’elle s’apprêtait à croiser lui a donné un puissant coup sur la tête avec un bâton de hockey de gardien de but.

L’homme semblait tout à fait normal, il avait un regard clair. Il est arrivé, il a levé le bâton de toutes ses forces avec ses deux mains, et il m’a frappée à la tête. Je croyais que j’allais mourir.

Geneviève

Geneviève a réussi à s’enfuir. « J’ai couru comme jamais je n’ai couru. Je suis juste heureuse d’être encore en vie aujourd’hui. »

L’agresseur, dit-elle, avait entre 25 et 35 ans, les cheveux bruns et était habillé avec des vêtements de sport. Il n’a rien dit avant, pendant ou après l’attaque. « Il avait l’air en pleine possession de ses moyens », affirme Geneviève, qui dit être encore ébranlée et sonnée par cette agression « arrivée de nulle part ».

Une autre attaque à Côte-des-Neiges

C’est une attaque semblable qu’a vécue le 11 novembre dernier un étudiant de HEC Montréal de 33 ans dont les initiales sont A.M., et qui désire lui aussi garder l’anonymat.

A.M. marchait non loin de la station de métro Côte-des-Neiges pour se rendre à un cours qui débutait à 18 h 30 lorsqu’il a été frappé de derrière à la tête par ce qui pourrait potentiellement être un bâton de baseball.

Il y avait une tempête, et il n’y avait pas beaucoup de gens dans la rue. Je me suis fait frapper et j’ai perdu connaissance. Je me suis réveillé dans l’ambulance, qui avait été appelée par un témoin.

 A.M.

A.M. a dû se faire recoudre une oreille, et garde des séquelles de l’attaque. « J’ai dû rater plus d’un mois de travail. Au début, je faisais constamment des cauchemars. Mon sentiment de sécurité dans le quartier a disparu. »

Il trouve étrange le fait d’avoir été frappé apparemment sans raison. « J’avais mon ordinateur portable avec moi, mon portefeuille et mon téléphone, et l’agresseur n’a rien pris. »

Le témoin a dit que l’homme qui avait commis l’agression s’est ensuite enfui en entrant dans la station de métro Côte-des-Neiges. « Les policiers m’ont dit que les images vidéo prises à la station ne permettaient pas d’identifier l’agresseur. »

« Pas le seul »

Il affirme prendre la parole aujourd’hui, car il trouve « inquiétant » le fait que des crimes semblables se soient produits ailleurs à Montréal. « Les ambulanciers m’ont confié que je n’étais pas le seul à avoir subi ça, qu’ils avaient déjà vu ça récemment. Je témoigne pour dire aux gens d’être vigilants. »

Samedi, La Presse a publié un reportage sur une jeune mère de famille de 34 ans qui se trouvait sur l’avenue De Chateaubriand, dans le quartier Rosemont, le 13 février vers 21 h lorsqu’elle s’est fait frapper à la tête par un homme à coups de bâton de bois. L’homme lui a donné plusieurs coups principalement à la tête avant de prendre la fuite. Réfugiée dans l’édicule de la station de métro Beaubien, la femme a dû recevoir plusieurs points de suture à l’hôpital.

Lundi, le service des communications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a signalé que l’enquête sur l’attaque survenue près de la station Beaubien était active. « L’enquête est toujours en cours », a noté l’agente Véronique Comtois, porte-parole du SPVM.

La Presse a tenté de savoir s’il existe un lien entre les trois cas, mais les questions adressées au SPVM lundi en fin de journée sont demeurées sans réponse.