(Laval) C’est devant une salle bondée de la chambre jeunesse de Laval que s’est amorcée mardi l’enquête sur remise en liberté du jeune homme de 17 ans accusé du meurtre d’un adolescent de 15 ans le 1er janvier dernier dans un parc de Fabreville. La Couronne réclame son incarcération pendant le processus judiciaire et souhaite qu’il soit assujetti à une peine pour adulte.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Une dizaine de proches de la victime portaient une épinglette à l’effigie du défunt à leur arrivée au palais de justice de Laval. L’atmosphère était lourde dans la salle d’audience, alors que les familles de l’accusé et de la victime se trouvaient chacune d’un côté de la salle. Celle-ci était si pleine que plusieurs personnes n’ont pu assister à l’audience.

Cheveux frisés, visage poupin, l’accusé a regardé le sol pendant une bonne partie de la matinée dans le box des accusés, alors qu’un policier témoignait pour la Couronne devant la juge Martine Nolin. La preuve présentée pour convaincre la magistrate de garder l’accusé détenu ne peut toutefois être publiée en vertu d’une ordonnance de non-publication. Les noms des mineurs impliqués dans cette affaire sont également protégés par la loi.

De nouvelles accusations ont été déposées contre l’adolescent, mais dans un dossier qui n’est pas relié au meurtre. Il fait face à quatre chefs d’accusation de voies de fait, de voies de fait armées, d’extorsion et de menaces envers un autre mineur.

Au début de l’audience, la procureure de la Couronne Marie-Ève Vautier a indiqué au juge avoir déposé une demande d’assujettissement à une peine pour adulte. Ainsi, si l’accusé est reconnu coupable ou reconnaît lui-même sa culpabilité à l’accusation de meurtre au second degré, la Couronne pourra demander au juge de lui imposer une peine pour adulte.

Au lieu de faire face à une peine jeunesse de sept ans, divisée entre quatre ans en centre et trois ans de liberté sous conditions, le jeune homme risquerait alors de purger une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, au minimum avant sept ans.

D’ici là, la poursuite détient le fardeau de prouver à la juge que le jeune homme doit demeurer détenu pendant le processus judiciaire. L’enquête amorcée mardi doit se poursuivre jeudi. L’adolescent est détenu depuis son arrestation le mois dernier. Il est défendu par Me Normand Haché.